Nouvel an perse : Mobilisation pour les prisonniers d’opinion d’Iran

Ce vendredi 23 mars, à 18h30, à l’occasion du Nowrouz, le Nouvel an perse, des militants d’Amnesty International, en compagnie de représentants de la VUB et de l’ULB ainsi que de membres de la diaspora iranienne, se rassembleront devant l’ambassade d’Iran pour manifester leur soutien aux prisonniers iraniens n’ayant pu bénéficier d’un procès équitable et incarcérés pour des raisons douteuses, à l’instar d’Hamid Babaei et d’Ahmadreza Djalali, respectivement étudiant et enseignant dans des universités belges, et de Narges Mohammadi, défenseure des droits humains dans son pays.

Les manifestants procéderont à une veillée aux flambeaux dans une ambiance iranienne, avec musique et poèmes lus en persan autour d’une table traditionnelle comportant différents éléments symboliques. Par ailleurs, en soutien à la mobilisation des femmes iraniennes contre le port du voile obligatoire, cinq femmes habillées de vêtements traditionnels porteront leur foulard au bout d’un bâton pendant que des explications sur ce sujet seront données.

« Avec cet événement, nous voulons signifier aux autorités iraniennes que nous n’abandonnons pas le combat en faveur des prisonniers qui croupissent dans leurs geôles suite à des procès entachés d’irrégularités. Nous n’oublions ni Hamid, ni Ahmadreza, ni Narges, ni tous les autres qui, en raison des pratiques honteuses de l’Iran en matière de justice, sont privés de leurs proches en ce jour de Nowrouz  », explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International.

Hamid Babaei est un étudiant iranien poursuivant une thèse de doctorat à l’Université de Liège. Il a été condamné en Iran le 21 décembre 2013 à six ans d’emprisonnement pour « atteinte à la sécurité nationale par la communication avec des États hostiles », en l’occurrence la Belgique. Ces accusations sont nées, semble-t-il, après qu’il a refusé d’espionner des étudiants iraniens vivant en Belgique pour le ministère des Renseignements. Amnesty International considère Hamid Babaei comme prisonnier d’opinion et milite depuis plusieurs années pour sa libération.

Ahmadreza Djalali est un médecin iranien, professeur invité à la VUB, condamné à mort pour espionnage en 2017, suite à un procès expéditif. Les nouvelles sur ses conditions de santé sont alarmantes. Amnesty International demande notamment qu’il ait accès à des soins médicaux professionnels et qu’il soit libéré à moins qu’il ne soit inculpé en vertu du droit pénal, conformément au droit et aux normes internationales, et qu’il ait droit à un procès équitable.

Narges Mohammadi, éminente défenseure des droits humains, a été condamnée en 2016 à 16 ans de prison pour s’être exprimée sur des questions comme l’usage fréquent de la peine de mort en Iran et les attaques à l’acide contre les femmes. Sa situation est d’autant plus inquiétante qu’elle est gravement malade et ne peut pas recevoir de soins médicaux adaptés en prison. Amnesty International la considère comme une prisonnière d’opinion et demande sa libération.

Complément d’information

Ahmadreza Djalalia été arrêté en Iran en avril 2016. Il a été détenu à la prison d’Evin pendant sept mois, dont trois à l’isolement. Selon son témoignage, durant cette période, il n’a pas pu consulter d’avocat et a subi des actes de torture et d’autres mauvais traitements dans le but de lui faire « avouer » qu’il était un espion. En octobre 2017, il a été condamné à mort à l’issue d’un procès inique. Selon Ahmadreza Djalali, la persécution dont il est victime est due à son son refus de mettre à profit ses relations universitaires et professionnelles pour espionner pour le compte de l’Iran. Amnesty International a fait parvenir aux autorités iraniennes une pétition signée par quelque 65 000 personnes en Belgique demandant l’annulation de sa condamnation à mort et sa libération.

Hamid Babaeiest un doctorant de l’Université de Liège (ULiège) condamné le 21 décembre 2013 à six ans d’emprisonnement pour « atteinte à la sécurité nationale par la communication avec des États hostiles ». Ces accusations sont nées, semble-t-il, après qu’il a refusé d’espionner des étudiants vivant en Belgique pour le ministère des Renseignements. Amnesty International considère Hamid Babaei comme un prisonnier d’opinion. Par la biais d’une pétition en ligne ayant déjà récolté plus de 23 000 signatures en Belgique francophone, l’organisation demande sa libération immédiate et sans condition.

Narges Mohammadi a été condamnée à 16 ans d’emprisonnement en 2016 pour son travail au sein du Centre de défense des droits humains dont elle était la présidente exécutive. Elle est gravement malade et a besoin de soins médicaux spécialisés constants qu’elle ne peut pas recevoir en prison. Amnesty International la considère elle aussi comme une prisonnière d’opinion.

En Iran, les procès sont généralement iniques, y compris ceux aboutissant à une condamnation à mort. Les représentants de l’État qui exercent des pouvoirs judiciaires, notamment les agents du ministère du Renseignement et les gardiens de la révolution, bafouent systématiquement les garanties d’une procédure régulière, comme les dispositions protégeant le droit d’être assisté d’un avocat dès le moment de l’arrestation et durant l’enquête et le droit de garder le silence. Des « aveux » obtenus sous la torture sont en outre retenus à titre de preuve lors des procès.
Les détenus ne sont pas libres de consulter les avocats de leur choix. Ces derniers se voient le plus souvent refuser l’accès à l’ensemble du dossier de leur client et ne sont autorisés à le rencontrer que peu de temps avant le procès. Les prévenus sont par ailleurs souvent maintenus à l’isolement pendant de longues périodes et n’ont que peu, voire pas, de possibilité d’entrer en contact avec leurs proches ou leur avocat.

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