Communiqué de presse

Singapour. La condamnation d’Amos Yee marque un jour sombre pour la liberté d’expression

La condamnation du jeune blogueur de Singapour Amos Yee à quatre semaines d’emprisonnement bafoue le droit à la liberté d’expression et doit être annulée, a déclaré Amnesty International lundi 6 juillet.

La condamnation de cet adolescent de 16 ans a été antidatée au 2 juin 2015, et il a donc pu quitter le tribunal cet après-midi, ayant déjà purgé sa peine.

Le 12 mai, un tribunal de Singapour a déclaré Amos Yee coupable d’avoir « tenu des propos avec intention délibérée de heurter les sentiments religieux ou raciaux d’autrui », parce qu’il a critiqué dans une vidéo en ligne feu le Premier ministre de Singapour Lee Kuan Yew. Il a également été déclaré coupable de « diffusion de documents obscènes », pour avoir posté un dessin humoristique représentant Lee Kuan Yew et l’ancienne Premier ministre britannique Margaret Thatcher.

Les avocats de l’adolescent ont déclaré qu’il a l’intention de faire appel de sa condamnation auprès de la Haute Cour de Singapour.

« Amos Yee n’est pas un criminel. Il n’aurait jamais dû être inculpé, et encore moins condamné. Il est sanctionné uniquement pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression, a déclaré Rupert Abbott, directeur du programme Asie du Sud-Est et Pacifique à Amnesty International.

« S’il existait une justice, Amos Yee serait ressorti libre du tribunal, sans que son nom ne soit terni par une condamnation. Les autorités de Singapour doivent respecter le droit à la liberté d’expression. »

Amos Yee a passé au total 55 jours en détention provisoire, pendant que le tribunal examinait sa sentence. Amnesty International le considère comme un prisonnier d’opinion, détenu uniquement pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression, et a demandé sa libération immédiate et sans condition.
L’adolescent a séjourné deux semaines à l’Institut de santé mentale, et sa mère a évoqué publiquement l’impact psychologique et physique que ce séjour a eu sur son fils.

Amos Yee était détenu au Bloc 7, où sont enfermées les personnes souffrant de troubles mentaux et déclarées coupables d’infractions pénales. Il était enfermé 23 heures sur 24 dans une cellule équipée de caméras de sécurité en circuit fermé, les lumières allumées en permanence. Il passait généralement l’heure quotidienne pendant laquelle il était autorisé à sortir de sa cellule à subir des tests psychiatriques.

L’affaire visant le jeune blogueur met en lumière le climat général de restriction envers la liberté d’expression à Singapour. Alors que le pays fête ses 50 ans d’indépendance, des opposants, des anciens prisonniers d’opinion et des défenseurs des droits humains se disent consternés par les restrictions et le contrôle rigoureux qu’exerce le gouvernement sur tout débat critique.
Les détracteurs des autorités sont en butte aux lois relatives à la diffamation et les médias font l’objet de contrôles stricts via les lois relatives à la censure.

« Les autorités de Singapour doivent abolir ou réviser et modifier toutes les lois qui imposent des restrictions illégales à la liberté d’expression, afin de garantir qu’elles sont en conformité avec le droit international relatif aux droits humains et avec les normes en la matière », a déclaré Rupert Abbott.

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