Oman : des journalistes condamnés pour avoir dénoncé la corruption

Les autorités omanaises doivent immédiatement abandonner les poursuites engagées contre deux journalistes de presse écrite condamnés à cinq mois d’emprisonnement pour avoir « insulté » le ministre de la Justice du pays, a souligné Amnesty International jeudi 22 septembre.

Un tribunal de Mascate, la capitale, a également ordonné la fermeture du journal de Yusuf al Haj et Ibrahim al Maamary, Azzamn, pendant un mois.

Yusuf al Haj, qui a écrit un article faisant état de fraude et de corruption au sein du ministère de la Justice, a déclaré à Amnesty International : « Ce jugement porte un coup à tous les journalistes et représente une honte pour le pouvoir judiciaire d’Oman. C’est un procès politique visant à faire taire tous les journalistes du pays. »

Un employé du ministère de la Justice, Haroon al-Muqaibli, qui a divulgué ces informations au journal, a également été condamné à cinq mois de prison.

« Ces trois hommes ont été condamnés uniquement pour avoir relaté des allégations qui sont d’intérêt public à Oman. Le tribunal doit abandonner les poursuites engagées contre eux et empêcher la suspension du journal Azzamn », a insisté Philip Luther, directeur adjoint du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

Ils ont tous trois formé un recours contre leur condamnation et attendent actuellement une audience en appel qui doit avoir lieu le 15 octobre.

« Si les condamnations de ces trois hommes sont confirmées et qu’ils sont emprisonnés, Amnesty International les considérera comme des prisonniers d’opinion et demandera leur libération immédiate et sans condition », a ajouté Philip Luther.

Oman a connu un mouvement de protestation en faveur de la réforme cette année, au cours duquel des milliers de manifestants sont descendus dans la rue pour réclamer de meilleures conditions de vie, la fin de la corruption et une plus grande liberté d’expression.

En février et mars, le chef d’État d’Oman, le sultan Qabous bin Saïd, a cédé à certaines demandes, parmi lesquelles la création d’emplois, l’augmentation des allocations de chômage et le renvoi de plusieurs ministres de son gouvernement.

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