Communiqué de presse

Oman. La santé d’un militant en grève de la faim se détériore gravement

La santé d’un prisonnier d’opinion en grève de la faim à Oman se détériore gravement, a déclaré Amnesty International alors que cet homme doit être transféré sous peu vers la capitale Mascate pour une audience.

Saeed Jaddad, défenseur des droits humains incarcéré en raison de son militantisme pacifique, a été hospitalisé le 23 janvier dans la ville de Salalah, deux jours après avoir commencé une grève de la faim à la suite de son arrestation, le 21 janvier. La police n’a pas tenu compte des avis médicaux, selon lesquels il n’est pas en état de voyager.

« Les autorités d’Oman mettent en danger la santé et la vie du militant Saeed Jaddad, qui n’aurait jamais dû être traduit en justice », a déclaré Philip Luther, directeur du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

« Plutôt que de l’exposer à d’autres risques en le transférant de Salalah à Mascate pour une audience, il faut libérer Saeed Jaddad immédiatement et sans condition. »

Un médecin de l’hôpital de Salalah a recommandé le 25 janvier que Saeed Jaddad ne soit pas remis aux mains de la police pour être transféré à Mascate, en raison de ses problèmes de santé.

Un deuxième médecin, nommé par les services de police, a examiné Saeed Jaddad. Il a conclu que son état de santé actuel ne lui permettait pas de prendre l’avion.

Cependant, la police n’a pas pris en compte ces avis médicaux et a transféré Saeed Jaddad lundi 26 janvier au siège de Salalah, en vue de l’envoyer par avion à Mascate.

Saeed Jaddad observe une grève de la faim depuis qu’il a de nouveau été interpellé le 21 janvier. Il refuse aussi tout liquide. Il souffre d’un problème cardiaque depuis longtemps, mais refuse de prendre des médicaments pour protester contre sa détention.

Il est inculpé d’« atteinte au statut et au prestige de l’État » pour avoir prôné des réformes politiques et sociales à Oman, et s’être entretenu avec des membres du Parlement européen en 2013.

Amnesty International considère Saeed Jaddad comme un prisonnier d’opinion, détenu uniquement pour avoir exercé sans violence son droit à la liberté d’expression et d’association.

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