Ouganda : La communauté internationale doit enrayer la crise

La communauté internationale doit tenir ses promesses en matière de financement et renforcer les engagements financiers déjà pris pour aider l’Ouganda à prendre en charge les réfugiés qu’il accueille sur son sol, alors que le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé que le nombre de réfugiés sud-soudanais dans le pays était désormais d’un million, a déclaré Amnesty International le jeudi 17 août.

Fuyant les violences au Soudan du Sud, les réfugiés ont rejoint l’Ouganda par milliers, en particulier depuis que le conflit s’est étendu à des zones jusque-là épargnées, après juillet 2016. Amnesty International a recueilli des informations faisant état d’exécutions extrajudiciaires, de violences sexuelles, de placements en détention, d’actes de torture, de destruction délibérée de biens privés et publics, d’utilisation de la nourriture comme arme de guerre et d’autres violations graves des droits humains au Soudan du Sud, autant de violences qui ont contribué aux déplacements forcés vers l’Ouganda voisin.

« La déplorable étape que constitue ce chiffre d’un million doit être un signal d’alarme et faire prendre conscience à la communauté internationale qu’il est nécessaire qu’elle s’investisse bien davantage. Si le conflit au Soudan du Sud ne trouve pas de solution, les réfugiés continueront à fuir en Ouganda et la crise humanitaire ne fera que s’aggraver  », a déclaré Sarah Jackson, directrice régionale adjointe d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Est, la Corne de l’Afrique et les Grands Lacs.

« Si les autorités ougandaises, l’ONU et les ONG ont fait un travail méritoire, elles ont actuellement des difficultés à répondre aux besoins les plus fondamentaux des réfugiés du Soudan du Sud, y compris en ce qui concerne la nourriture, l’eau et l’hébergement, sans parler d’autres besoins tels que le soutien psychosocial des réfugiés qui sont profondément traumatisés. »

Lors d’un sommet de solidarité organisé à Kampala en juin, sous les auspices du gouvernement ougandais et de l’ONU, des donateurs, y compris l’UE, le Royaume-Uni et le Canada, se sont engagés à apporter à l’Ouganda davantage de soutien pour l’aider à répondre aux besoins immédiats et à plus long terme des réfugiés. Ce sommet a permis de lever 358,2 millions de dollars des États-Unis – sur les 2 milliards, dont 960 millions pour les besoins humanitaires, qui avait été fixés comme objectif – mais cela reste très insuffisant.

« Il est temps que d’autres pays prennent leur part de responsabilité et fassent bien davantage pour atténuer la pression insoutenable qui pèse sur l’Ouganda. À défaut, cela compromettra la politique progressiste de l’Ouganda en matière d’accueil des réfugiés et risque d’entraîner une crise humanitaire pire encore que celle à laquelle nous assistons actuellement », a déclaré Sarah Jackson.

« Enfin, pour freiner le flux des réfugiés qui fuient le pays, les acteurs internationaux et régionaux doivent également prendre des mesures pour empêcher les violations des droits de la population civile du Soudan du Sud ».

Complément d’information

 Au-delà des engagements pris lors du sommet de solidarité en Ouganda, les États sont tenus, en vertu du droit international relatif aux droits humains et du droit des réfugiés, de se soutenir mutuellement pour accueillir les réfugiés, selon le principe du « partage des responsabilités ». En conséquence, ils doivent notamment augmenter de manière importante le financement de l’accès aux services de base tels que la nourriture, l’eau, l’assainissement, l’hébergement, l’éducation et les soins de santé.

 La communauté internationale doit également envisager des solutions à plus long terme, notamment en augmentant le nombre de lieux de réinstallation dans d’autres pays et en prenant d’autres mesures pour permettre aux personnes menacées de quitter la région en toute sécurité (parrainage communautaire, visas de travail et visas d’étudiants, par exemple).

 Plus de 64 % des réfugiés sont âgés de moins de 18 ans. Les mineurs et les femmes représentent 86 % de l’ensemble des réfugiés en Ouganda.

 La liste complète des recommandations d’Amnesty International figure dans le rapport (en anglais) intitulé Uganda :"Help has not reached me here" : Donors must step up support for South Sudanese refugees in Uganda

 Un podcast (en anglais) de Sarah Jackson sur la crise au Soudan du Sudest disponible à cette adresse.

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