Ouganda : La détention de Bobi Wine est une tentative éhontée d’étouffer la dissidence

En réaction au placement en détention provisoire de Robert Kyagulanyi (plus connu sous le nom de Bobi Wine), personnalité politique de l’opposition et musicien ougandais :

« Il faut que les autorités ougandaises libèrent immédiatement Bobi Wine et cessent de détourner la loi sans aucune vergogne pour tenter de l’obliger à ne plus critiquer le gouvernement, a déclaré Seif Magango, directeur adjoint du programme Afrique de l’Est, Corne de l’Afrique et Grands Lacs à Amnesty International.

« Ce n’est pas une infraction de donner un concert ou d’organiser une manifestation, c’est un droit inscrit dans le droit ougandais et le droit international. Les autorités doivent respecter et faire respecter les droits de Bobi Wine aux libertés d’expression et de réunion pacifique, et à la liberté tout court. »

Complément d’information

Bobi Wine a été convoqué à la Direction des enquêtes criminelles (CID) à Kampala le 29 avril 2019 afin d’être entendu au sujet d’un concert qu’il avait prévu de donner la semaine précédente et qui avait été annulé par la police.

Alors qu’il se rendait au CID, il a été violemment extirpé de sa voiture, poussé dans un fourgon de police et conduit au poste de police de Naggalama, à environ 38 kilomètres au nord-est de Kampala. Il a ensuite été ramené dans la capitale et présenté au tribunal de Buganda Road.

Il a été inculpé d’avoir organisé un rassemblement et un défilé illégaux en juillet 2018 ; il avait alors mené une manifestation de rue contre la taxe sur les réseaux sociaux nouvellement instaurée dans le pays. Il est détenu actuellement à la prison de sécurité maximale de Luzira.

La police a annulé une conférence de presse et un concert qu’il devait donner à Kampala le 22 avril et l’a assigné à résidence. Bobi Wine n’a pas pu donner de concert depuis son retour des États-Unis, en septembre 2018. Il était parti faire soigner des blessures qui lui avaient été infligées alors qu’il était détenu par l’armée pour possession d’armes – charges abandonnées ensuite mais rapidement remplacées par des accusations liées au terrorisme, qu’il a niées et qu’Amnesty International considère comme controuvées.

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