Pakistan. Amnesty International condamne un attentat à la bombe commis lors d’un rassemblement d’avocats à Islamabad

Déclaration publique

ASA 33/016/2007

Amnesty International condamne l’attentat qui s’est produit lors d’un rassemblement d’avocats le soir de ce 17 juillet, près de la Cour suprême d’Islamabad, coûtant la vie à au moins 15 personnes et en blessant plus de 40 autres.

Le président de la Cour suprême Iftikhar Chaudhry, suspendu par le président pakistanais Parvez Moucharraf en mars 2007 pour inconduite présumée, devait prononcer un discours devant les avocats du Barreau d’Islamabad. L’identité du groupe ayant perpétré l’attentat n’est pas connue avec précision.

Les pensées d’Amnesty International vont vers les victimes de cet attentat qui, selon certaines sources, a eu lieu près de l’endroit où les partisans du Parti du peuple pakistanais, d’opposition, et la Ligue musulmane-Nawaz s’étaient réunis pour ce rassemblement.

Dans le climat actuel de tension politique au Pakistan, il est important que des personnes de toute sensibilités de la société civile puissent exercer leur droit de se réunir et s’exprimer pacifiquement, sans crainte ni menace de violence.

Les responsables de cet acte doivent être traduits en justice dans le cadre d’une procédure respectant les normes internationales d’équité, et sans imposition de la peine de mort.

Contexte

Cet attentat survient sur fond de tensions politiques persistantes au Pakistan. La crise judiciaire ayant commencé avec la suspension du président de la Cour suprême, le 9 mars 2007, a entraîné une série de manifestations dans tout le pays, la plupart des partis d’opposition soutenant Iftikhar Chaudhry. Ces manifestations sont perçues comme la menace potentielle la plus grave pour la stabilité du gouvernement du président Moucharraf, depuis qu’il a pris le pouvoir lors d’un coup d’État militaire, en 1999.

En outre, des flambées de violence ont eu lieu ces derniers jours, dans le nord-ouest du Pakistan. Quatre attentats suicide par des activistes pro-talibans opposés au président Moucharraf ont fait des dizaines de morts. Ces violences surviennent après la rupture d’un accord de paix entre les activistes locaux et le gouvernement pakistanais, après le siège de Lal Masjid (la Mosquée rouge).

Le 10 juillet, les forces gouvernementales ont fait irruption dans la mosquée Lal Masjid, dans le centre d’Islamabad, lors d’une opération qui a fait 102 morts, dont 91 activistes. Les autorités de la mosquée et leurs partisans armés, exigeant l’imposition de la charia dans le pays, étaient impliqués depuis janvier 2007 dans une série d’enlèvements de policiers et d’autres personnes accusées d’actes « immoraux » comme la prostitution. Les autorités de la mosquée et leurs partisans avaient résisté par la force aux tentatives des autorités pour pénétrer dans l’enceinte de la mosquée et obtenir la libération des captifs.

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