Pakistan. Amnesty International condamne les attentats à la bombe perpétrés contre un rassemblement politique à Karachi

Déclaration publique

ASA 33/023/2007

Amnesty International condamne les attentats à la bombe qui ont visé un rassemblement politique pacifique du Pakistan People’s Party (PPP, Parti du peuple pakistanais), parti de l’opposition, à Karachi le 18 octobre. Plus de 130 personnes auraient été tuées et plus de 500 autres blessées.

Amnesty International condamne toutes les attaques délibérées de civils. De telles attaques sont formellement interdites en droit international et ne peuvent en aucun cas se justifier. Elles sont le signe d’un mépris flagrant pour les principes les plus élémentaires d’humanité et doivent être immédiatement, totalement et inconditionnellement stoppées.

La nature des attentats reste à confirmer, mais la plupart des reportages parlent d’explosions provoquées par des kamikazes. Aucun groupe n’a encore revendiqué la responsabilité de ces actes.

Les attentats se sont produits alors que Benazir Bhutto, ancien Premier ministre du Pakistan, se trouvait à la tête d’un cortège rassemblant ses partisans, à l’occasion de son retour au Pakistan après plus de huit années d’un exil qu’elle s’était elle-même imposé.

Au cours de ces derniers mois, le Pakistan a subi une série d’attentats suicides qui ont fait plus d’une centaine de morts parmi la population civile, notamment dans la capitale Islamabad ainsi qu’à Rawalpindi et Peshawar. On soupçonne des groupes politiques armés d’être derrière ces attentats. Un autre rassemblement pacifique au moins en aurait été victime.

Amnesty International appelle toutes les parties - agents de l’État et agents non gouvernementaux – à respecter le droit à la vie et le droit de toute personne à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifiques, tels qu’inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. L’organisation considère que le respect de ces droits et leur protection sont d’une importance critique au moment où les tensions politiques augmentent à l’approche des élections législatives prévues en janvier 2008.

Amnesty International demande instamment au gouvernement pakistanais de veiller à ce que les attentats qui ont visé un convoi pacifique à Karachi ainsi que les attaques précédentes contre des civils fassent l’objet d’enquêtes indépendantes et impartiales dans les meilleurs délais. Les auteurs présumés de ces attentats doivent être jugés lors de procès répondant aux normes internationales d’équité des procès et excluant le recours à la peine de mort.

Complément d’information

Les derniers attentats en date ont été perpétrés sur fond de tensions politiques croissantes dans le pays depuis la suspension du président de la Cour suprême par le président Moucharraf en mars 2007. La population était alors descendue en masse dans la rue et plus de 40 personnes avaient été tuées lors de violents affrontements à Karachi en mai. En juin, des centaines de militants politiques avaient été arrêtés arbitrairement et placés en détention dans la province du Pendjab et dans d’autres régions du pays pour avoir tenté d’organiser des rassemblements pacifiques de soutien au président de la Cour suprême – qui a été réinstallé dans ses fonctions en juillet 2007.

La violence politique et les attentats kamikazes notamment ont repris après les opérations menées en juillet par les forces de sécurité pour déloger les militants armés qui occupaient la mosquée rouge (Lal Masjid) d’Islamabad. On a assisté au cours de ces derniers mois à un regain d’attaques armées dans les zones tribales du Waziristan, qui borde l’Afghanistan, entre des militants extrémistes et les forces de sécurité pakistanaises. Les deux camps auraient mené leurs attaques de façon indiscriminée, causant la mort de nombreux civils.

En outre, les tensions politiques ont été exacerbées par la préparation des élections présidentielles (en octobre)et des élections législatives (prévues en janvier 2008). Un usage excessif de la force par les autorités a été signalé à de nombreuses reprises au cours de manifestations largement pacifiques organisées par des militants politiques, des avocats ou d’autres groupes.

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