Pakistan, Amnesty soutient les manifestants pour le climat

Amnesty International a averti le 13 septembre que le fait de ne pas accorder la priorité à la lutte contre le changement climatique pourrait constituer la plus grave violation intergénérationnelle des droits humains de toute l’histoire, tout en saluant la toute première grève climatique organisée par la société civile au Pakistan le 20 septembre 2019.

« Amnesty International soutient les étudiants, militants, défenseurs de l’environnement, défenseurs des droits des femmes et représentants de la société civile pakistanais qui s’associent et participent à la grève mondiale pour le climat. La crise climatique nous concerne tous ; aussi, tous ceux qui sont en position de le faire doivent se mobiliser et demander pacifiquement aux gouvernements d’agir immédiatement pour y remédier », a déclaré Rimmel Mohydin, chargée de campagne pour l’Asie du Sud à Amnesty International.

Le Pakistan compte parmi les pays du globe les plus menacés par le changement climatique et pourtant, c’est l’un des moins bien équipés pour s’y adapter. Il a été exposé à plusieurs reprises à des phénomènes météorologiques extrêmes exacerbés par le changement climatique et ce sont les groupes les plus marginalisés qui en paient le prix fort.

« Nos droits à la vie, à l’alimentation, au logement, à l’eau et à un environnement sain sont tous menacés par le changement climatique, qui aggrave et amplifie les inégalités existantes. Ses effets de plus en plus dévastateurs sont devenus le quotidien des pays les plus pauvres du globe, tandis que les pays les plus riches s’obstinent à décliner toute responsabilité », a déclaré Rimmel Mohydin.

« Je manifeste pour notre avenir »

« Les alertes ne laissent pas de place au doute. Nous devons agir maintenant ou nous pourrions bien ne pas vivre assez longtemps pour le regretter. Je manifeste parce que ne pas agir maintenant, c’est quasiment valider la destruction mutuelle assurée pour nous et la planète », a déclaré Adnan Malik, célèbre acteur et réalisateur pakistanais, qui soutiendra Amnesty International lors de la marche.

« Je ne veux pas que les générations futures subissent les pires conséquences du changement climatique et soient contraintes de passer leur temps à s’en inquiéter, alors qu’elles devraient simplement être des enfants. C’est pourquoi je fais grève et continuerai jusqu’à ce qu’ils nous prennent au sérieux », a déclaré Iqbal Badruddin, étudiant et organisateur du mouvement Fridays for Future au Pakistan.

« Nul ne devrait supposer qu’il est à l’abri du changement climatique, mais nul ne devrait avoir l’impression que sa voix ne compte pas. L’action collective est essentielle pour exiger une protection contre les dommages irréversibles causés à notre planète », a déclaré Sara Hayat, membre de ClimateActionPK qui organise des manifestations à travers le Pakistan.

Les gouvernements doivent changer de cap

Amnesty International a averti que les changements climatiques continueront de dévaster des vies et, par conséquent les droits humains, si les gouvernements n’agissent pas maintenant pour changer le cours des choses.

Le gouvernement du Pakistan est le fer de lance d’un ambitieux projet de reboisement, mais il doit aussi déployer des efforts concertés pour réduire les émissions, supprimer progressivement les combustibles fossiles et protéger les populations les plus vulnérables au changement climatique.

Des millions de personnes souffrent déjà de ses effets catastrophiques dans les pays en développement à travers le monde. Les pays les plus riches ayant une responsabilité historique dans le changement climatique doivent soutenir des pays comme le Pakistan dans leur effort de transition vers une économie sans carbone.

Le Pakistan doit inscrire la justice climatique à l’ordre du jour de sa politique étrangère et se joindre à la lutte mondiale visant à réduire de moitié le niveau des émissions de 2010 d’ici 2030, et de les ramener à zéro d’ici 2050 – comme le préconisent les spécialistes du climat.

« Nous sommes solidaires de tous ceux qui décident de demander plus pour leur avenir, un avenir compromis chaque jour où nous laissons le changement climatique s’aggraver. Nous devons assumer collectivement la crise la plus urgente de notre époque et faire notre part. Très souvent, cela suppose simplement de participer », a déclaré Rimmel Mohydin.

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