PAKISTAN ET ÉTATS-UNIS : Les personnes arrêtées et remises aux États-Unis courent de graves dangers

Index AI : ASA 33/035/02

Amnesty International a dénoncé aujourd’hui (lundi 11 novembre 2002) l’exécution imminente de Mir Aimal Kasi, prévue le 14 novembre, en Virginie (États-Unis d’Amérique). Mir Aimal Kasi a été enlevé au Pakistan en 1997, par des agents des services de renseignement des États-Unis, avec la complicité du gouvernement pakistanais. Il a été condamné à mort pour le meurtre, en 1993, de deux agents de la Central Intelligence Agency (CIA, les services de renseignements des États-Unis).

" Nous sommes opposés à la peine capitale, quel que soit le crime dont le condamné a été reconnu coupable, et nous avons demandé au gouverneur de la Virginie de commuer la peine de Mir Aimal Kasi, a déclaré Amnesty International. La peine de mort est la négation même du droit à la vie et le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit. "

Dans un nouveau rapport intitulé Pakistan : Imminent execution of Mir Aimal Kasi raises fears for others taken into US custody without human rights safeguards [Pakistan. L’exécution imminente de Mir Aimal Kasi suscite des craintes pour les autres personnes remises aux États-Unis sans garantie concernant le respect de leurs droits fondamentaux] (index AI : ASA 33/034/2002), Amnesty International exprime son inquiétude quant au sort qui attend d’autres personnes arrêtées au Pakistan et remises aux États-Unis. Ces personnes pourraient, selon l’organisation, être elles aussi condamnées à mort ou soumises à d’autres violations de leurs droits.

" Nous exhortons le gouvernement pakistanais à ne remettre aucun individu aux autorités d’un pays où il risque d’être victime de graves violations de ses droits fondamentaux, et notamment d’être condamné à mort, y compris si cette personne est soupçonnée d’actions "terroristes". "

Depuis que le Pakistan a décidé de soutenir la coalition contre le " terrorisme " emmenée par les États-Unis, des centaines de personnes ont été arrêtées arbitrairement dans ce pays et remises aux autorités des États-Unis, au mépris de la loi pakistanaise, notamment des dispositions relatives à l’arrestation, à la détention et à l’extradition.

" Dans la lutte contre le "terrorisme", la défense des droits humains est souvent reléguée au second plan , a constaté Amnesty International. " Pourtant, la sécurité ne s’achète pas au prix des droits humains. L’une ne va pas sans les autres. "

" Nous prions instamment le gouvernement pakistanais de respecter scrupuleusement ses propres lois, le droit international et les normes internationales, et de ne pas traiter les personnes soupçonnées de "terrorisme" comme si elles n’avaient aucun droit. "

Contexte
Plusieurs centaines de Pakistanais ont déjà été remis aux États-Unis, au mépris des lois du Pakistan concernant l’extradition et en violation du principe international qui interdit d’extrader une personne vers un pays où celle-ci risque d’être victime d’atteintes à ses droits fondamentaux.

Un rapport d’Amnesty International paru en juin 2002 sous le titre Pakistan : Transfer to US custody without human right safeguards [Pakistan. Des personnes remises aux États-Unis sans garantie pour leurs droits fondamentaux] (index AI : ASA 33/014/2002) recense un certain nombre de cas d’Afghans, de Pakistanais et de personnes originaires du Moyen-Orient arrêtés et remis arbitrairement aux autorités des États-Unis. On y trouve, entre autres, les noms d’Abdul Salam Zaeef, ancien ambassadeur au Pakistan, arrêté et remis aux États-Unis en janvier 2002, de Moazzem Beg, qui jouit de la double nationalité britannique et pakistanaise, interpellé à Islamabad et remis aux États-Unis en février 2002, ou du Palestinien Abu Zubaydah et d’au moins 21 autres personnes arrêtées à Faisalabad et à Lahore en mars 2002.

Depuis lors, plusieurs autres personnes ont été appréhendées et remises aux autorités des États-Unis, en passant outre à la législation pakistanaise sur l’extradition. C’est notamment le cas du Kenyan Sheikh Ahmed Salim, arrêté à Karachi en juillet 2002, du Yéménite Ramzi bin al Shaibah et de plusieurs autres personnes interpellées en septembre 2002.

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