Communiqué de presse

Papouasie-Nouvelle-Guinée. Après le meurtre brutal d’une femme accusée de « sorcellerie », deux autres sont en danger imminent

Les autorités de Papouasie-Nouvelle-Guinée doivent renforcer de toute urgence la protection de deux femmes accusées de « sorcellerie » dont la vie est en danger imminent, a déclaré Amnesty International, après qu’une foule les a menacées et a massacré une autre femme à coups de hache.

Mardi 26 mai 2015, dans une zone reculée de la province d’Enga, un groupe d’hommes a tué une femme identifiée par le seul prénom de Misila, qui avait été accusée de « sorcellerie ». Au cours de cette attaque, deux autres femmes ont également été prises pour cible par ce groupe – elles ont été agressées et brièvement retenues dans une hutte, avant d’être libérées par d’autres villageois qui ont entendu leurs cris.

Ces trois femmes faisaient l’objet de menaces au moins depuis le début de l’année 2015. En janvier, la police locale est intervenue après qu’elles et leurs enfants ont été menacés de mort et accusés d’avoir recours à la « sorcellerie ». Les policiers ont convaincu les villageois de retirer leurs accusations, mais cela n’a pas empêché l’attaque de mardi.

« Le meurtre brutal de Misila met en évidence l’absence de réaction des autorités de Papouasie-Nouvelle-Guinée face à la vague d’attaques visant les personnes, principalement des femmes, accusées de “sorcellerie”. Le gouvernement doit prendre immédiatement des mesures pour veiller à ce que les auteurs présumés de ces attaques soient traduits en justice, a déclaré Kate Schuetze, chercheuse sur la région du Pacifique à Amnesty International.

« Le fait que deux autres femmes venant d’échapper de peu à la mort soient en danger imminent doit pousser le gouvernement à agir sans attendre. Ces dernières doivent être protégées sans délai et la police doit être dotée des ressources nécessaires pour se rendre dans les villages reculés afin d’assurer la protection de toutes les autres personnes en danger et pour veiller à ce que ces attaques fassent l’objet d’enquêtes et que les auteurs présumés soient traduits en justice dans le cadre de procès équitables, sans recours à la peine de mort. »

Les attaques commises contre les personnes accusées de « sorcellerie », qui sont des femmes pour la plupart, sont devenues courantes en Papouasie-Nouvelle-Guinée depuis quelques années et servent souvent de prétexte pour dissimuler les violences faites aux femmes.

En mai 2013, le Parlement papouan-néo-guinéen a pris une mesure positive en abrogeant la Loi de 1971 relative à la sorcellerie. Celle-ci prévoyait des peines moins lourdes pour les personnes coupables d’une agression ou d’un meurtre si elles accusaient leur victime d’actes de « sorcellerie ». Cependant, malgré cet alourdissement des peines, on signale toujours autant de violences commises à l’encontre de personnes accusées de « sorcellerie ».

« Les autorités de Papouasie-Nouvelle-Guinée doivent mettre fin aux attaques commises à l’encontre de personnes accusées de “sorcellerie” et à la violence endémique à l’égard des femmes. Pour cela, elles doivent notamment traiter les causes profondes de ces attaques par le biais de l’éducation, travailler en étroite collaboration avec la société civile et prendre des mesures immédiates telles que la création de refuges pour les femmes victimes de violence », a déclaré Kate Schuetze.

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