Communiqué de presse

Papouasie-Nouvelle-Guinée. La police doit agir de toute urgence pour sauver une femme accusée de « sorcellerie »

La police de Papouasie-Nouvelle-Guinée ne fait pas le nécessaire pour libérer une femme grièvement blessée actuellement détenue par un groupe qui l’accuse de pratiquer la « sorcellerie », a déclaré Amnesty International mercredi 10 avril 2013.
Cette femme et ses deux filles sont prisonnières à Lopele, dans le district de Bana (sud de Bougainville), depuis le début de la semaine précédente.
Selon les informations reçues par Amnesty International, la femme est grièvement blessée et porte notamment une profonde lacération au cou subie lors de son agression. Des habitants ont bloqué les routes afin d’empêcher trois autres femmes de sortir du district pour aller chercher l’aide médicale nécessaire.
Pour l’instant, la police s’est contentée d’envoyer un seul policier à Lopele pour négocier la libération de ces six femmes. La semaine précédente, dans une affaire du même type, une femme accusée de « sorcellerie » avait été décapitée.
« Pour l’instant, la réaction de la police dans cette affaire comme dans d’autres affaires similaires survenues à Bougainville et ailleurs en Papouasie-Nouvelle-Guinée est tout à fait insuffisante  », a déclaré Kate Schuetze, chercheuse sur le Pacifique au sein d’Amnesty International.
« Le siège régional de la police doit déployer tous les moyens disponibles pour sauver la vie de cette femme et la libérer, ainsi que ses filles. »
« Quant au gouvernement, il doit donner à la police les moyens nécessaires pour protéger cette famille et toutes les autres qui risquent de subir des attaques similaires », a-t-elle ajouté.
C’est un nouvel épisode de violences liées à la « sorcellerie » en Papouasie-Nouvelle-Guinée, après les informations faisant état de l’attaque de six femmes et un homme avec des barres métalliques chauffées pendant les congés de Pâques, à la suite d’accusations du même type. L’homme a réussi à s’échapper, mais on ignore ce qu’il est advenu des six femmes.
« La police a la responsabilité de protéger les citoyens et de faire respecter la loi et l’ordre public. Cette dernière affaire montre qu’elle est loin de le faire dans les cas d’agressions liées à la “sorcellerie”  », a souligné Kate Schuetze.
Amnesty International a déjà dénoncé à plusieurs reprises l’utilisation de la « sorcellerie » comme prétexte pour commettre des actes d’une violence terrifiante contre certaines personnes, principalement des femmes, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les victimes de ces agressions finissent généralement par être tuées.
L’organisation demande une nouvelle fois l’abrogation de la Loi relative à la sorcellerie, qui protège actuellement les auteurs d’agression ou de meurtre contre des personnes qu’ils accusent de « sorcellerie » en réduisant les peines encourues pour ces actes.

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