Peine de mort : une lutte inadaptée contre le terrorisme

Certains pays utilisent de plus en plus la peine de mort pour combattre les crimes en relation avec le terrorisme, écrit Amnesty International vendredi 7 octobre dans une nouvelle synthèse en prévision de la Journée mondiale contre la peine de mort.

Au moins 20 pays ont condamné des personnes à mort ou procédé à des exécutions pour des crimes liés au terrorisme l’an dernier (Algérie, Bahreïn, Cameroun, Tchad, Chine, République démocratique du Congo, Égypte, Inde, Iran, Irak, Jordanie, Koweït, Liban, Pakistan, Arabie saoudite, Somalie, Soudan, Tunisie, Émirats arabes unis et États-Unis). Si le recours à la peine capitale pour les faits de ce type est souvent entouré de secret, Amnesty International a constaté une augmentation notable de son utilisation ces dernières années.

« La hausse que nous observons concernant le recours à la peine de mort, réponse inadaptée aux crimes liés au terrorisme, trahit l’entêtement dans l’erreur des autorités : il n’existe en effet pas de preuve que la peine capitale ait un effet plus dissuasif sur la criminalité violente que d’autres châtiments. Elle découle de la faiblesse et de l’opportunisme plutôt que de la force », a déclaré James Lynch, directeur adjoint du programme Thématiques mondiales à Amnesty International.

« Les attaques violentes contre la population causent d’immenses souffrances aux victimes et familles de victimes, et ne sont jamais justifiables. Les gouvernements doivent enquêter et traduire en justice les responsables présumés.

« Les mises à mort autorisées par l’État ne s’attaquent pas aux racines des attaques violentes. Elles ne font au contraire qu’aggraver l’injustice et la souffrance et alimentent le cycle de la violence, sans rendre justice aux victimes.

« La peine de mort est toujours une violation des droits humains. Plus des deux tiers des pays du monde ont choisi d’abolir ce châtiment en droit ou en pratique. Tous les gouvernements doivent faire de même. »
Amnesty International s’oppose à la peine capitale en toutes circonstances, quels que soient le crime commis, les caractéristiques de la personne concernée et la méthode d’exécution. Il s’agit du châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit.

Lundi 10 octobre, Amnesty International se joindra au mouvement abolitionniste mondial en commémorant la 14e Journée mondiale contre la peine de mort, qui met l’accent de manière très opportune sur l’application de la peine capitale pour des infractions liées au terrorisme. Si les attaques violentes, notamment armées, ne sont pas un phénomène nouveau, nous avons été témoins ces dernières années de nombreuses attaques violentes au fort retentissement - dans de nombreux cas sur fond d’instabilité politique et de conflit - qui ont envoyé des ondes de choc dans le monde entier.

« Test peine de mort »

Á l’occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort, la section belge francophone d’Amnesty International a lancé un mini-site « Test peine de mort », où le public est invité à choisir si, « oui » ou « non », différents inculpés « méritent » la peine capitale. L’objectif de cette initiative est de susciter la réflexion des participants quant à l’utilité et à la pertinence de la peine de mort. A l’issue du test, ces derniers sont invités à signer une pétition adressée aux autorités de trois pays (Arabie saoudite, Egypte et Japon) qui ont recours au châtiment suprême.

Journée mondiale contre la peine de mort - quelques chiffres

· 140 pays du monde, à savoir plus des deux tiers, sont abolitionnistes en droit ou en pratique ;
· 103 pays ont aboli la peine capitale pour tous les crimes ;
· La peine de mort reste en vigueur dans 58 pays ;
· 25 pays ont procédé à des exécutions en 2015 ;
· Les cinq pays ayant exécuté le plus grand nombre de prisonniers en 2015 étaient la Chine, l’Iran, le Pakistan, l’Arabie saoudite et les États-Unis.

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