PÉROU - JAPON : Alberto Fujimori doit être traduit en justice pour atteintes aux droits humains

Index AI : AMR 46/016/2003
ÉFAI

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Aujourd’hui, mardi 29 juillet 2003, le gouvernement péruvien remet aux
autorités japonaises une demande d’extradition concernant l’ancien président
Alberto Fujimori. Amnesty International exhorte le gouvernement japonais à
ne plus fermer les yeux sur la responsabilité de Fujimori dans les atteintes
aux droits humains perpétrées au Pérou au cours de sa présidence.

L’organisation de défense des droits humains demande instamment aux
autorités japonaises d’extrader Alberto Fujimori vers le Pérou, où des
poursuites judiciaires ont été engagées contre lui, ou d’ouvrir une enquête
au Japon sur sa responsabilité dans les violations des droits fondamentaux
commises durant sa présidence.

« Le gouvernement japonais ne peut pas - et ne doit pas - se dérober : il
est tenu de coopérer en vue de traduire en justice l’ancien président du
Pérou, Alberto Fujimori, réfugié au Japon et inculpé au Pérou d’atteintes
aux droits humains », a déclaré Amnesty International.

« Les violations généralisées et systématiques des droits fondamentaux
perpétrées au Pérou sous la présidence d’Alberto Fujimori constituent des
crimes contre l’humanité. Tous les États ont la capacité et la
responsabilité d’exercer leur compétence universelle. Tous sont tenus de
poursuivre en justice et de condamner toute personne responsable de tels
crimes, et de coopérer en vue de sa localisation, de son arrestation et de
sa condamnation », a poursuivi l’organisation de défense des droits humains.

Durant les dix années de présidence d’Alberto Fujimori (de 1990 à 2000), la
torture et les mauvais traitements étaient monnaie courante au Pérou ; des
centaines de personnes ont été victimes de « disparitions » ou d’exécutions
extrajudiciaires. Des membres des forces armées péruviennes, notamment
Vladimiro Montesinos, conseiller du président en matière de renseignements,
et des membres de Grupo Colina, escadron de la mort dépendant du Service
national de renseignements du temps de Fujimori, sont actuellement maintenus
en détention et ont à répondre de diverses accusations, y compris
d’atteintes aux droits humains. Toutefois, il faut encore qu’Alberto
Fujimori comparaisse devant un tribunal.

« En aidant à garantir qu’Alberto Fujimori soit déféré à la justice, le
Japon contribuera à rompre le cycle de l’impunité qui tourne en dérision la
vérité et la justice. Dans le cas contraire, cela ne peut que déboucher sur
de nouvelles violations des droits humains, en faisant savoir aux
responsables qu’ils ne sont pas tenus de rendre compte de leurs actes », a
souligné Amnesty International.

Complément d’information

Alberto Fujimori s’est exilé au Japon après avoir fui le Pérou en novembre
2000. En septembre 2001, un juge de la Cour suprême péruvienne a ordonné son
placement en détention, au motif que des éléments de preuve convaincants
autorisaient à penser qu’il avait pleinement connaissance de l’existence de
Grupo Colina, escadron de la mort dépendant du Service national de
renseignements - qui se serait rendu responsable d’au moins deux « 
disparitions » et d’exécutions extrajudiciaires ayant causé la mort de 25
personnes.

Les organisations locales de défense des droits humains, ainsi que les
victimes d’atteintes aux droits fondamentaux perpétrées sous son régime et
leurs proches, demandent aux autorités japonaises de l’extrader vers le
Pérou afin qu’il soit jugé.

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