PEROU. Le missionnaire qui défend les tribus amazoniennes au Pérou ne doit pas être expulsé

ÉFAI - 7 juillet 2010

Amnesty International demande au gouvernement péruvien d’annuler sa décision d’expulser un militant britannique catholique qui a passé les 10 dernières années à défendre les droits des peuples indigènes du pays.

Paul McAuley, qui aide les communautés locales à protester contre les répercussions de l’exploitation pétrolière, gazière et minière sur leur environnement, risque d’être expulsé ce mercredi 7 juillet 2010, les autorités ayant fait savoir qu’elles allaient annuler son permis de résidence.

Il a dénoncé publiquement un déversement de pétrole dans les eaux du fleuve amazonien Marañon, au mois de juin.

« L’attitude du gouvernement envers les peuples indigènes et ceux qui s’efforcent de défendre leurs droits est profondément inquiétante, a indiqué Guadalupe Marengo, directrice adjointe du programme Amériques d’Amnesty International.

« Cette tentative visant à expulser un défenseur des droits humains qui œuvre sans relâche pour protéger les communautés amazoniennes et leur environnement est la dernière illustration des atteintes aux droits des peuples indigènes auxquelles on assiste au Pérou. »

Dans une lettre adressée le 5 juillet au ministre de l’Intérieur, Amnesty International a souligné que le missionnaire n’avait pas bénéficié de la possibilité de faire appel du rejet de sa demande de permis de résidence annoncé le 1er juillet, date à laquelle les autorités lui ont signifié qu’il avait sept jours pour quitter définitivement le Pérou.

Paul McAuley s’attache à sensibiliser la population locale sur ses droits, qui sont consacrés par le droit international relatif aux droits humains, tout en dénonçant les répercussions des compagnies extractives.

Le gouvernement péruvien a qualifié le travail de Paul McAuley en faveur des droits humains de « politique » ; le Premier ministre Javier Velazquez a déclaré que « les étrangers qui vivent au Pérou ne sont pas autorisés à prendre part à des activités politiques ».

«  Frère Paul », comme l’appellent les membres des communautés avec lesquelles il travaille, a été fait Membre de l’Empire britannique (MBE) par la reine d’Angleterre pour ses activités, et a aussi reçu la médaille de l’Ordre du Mérite et une récompense de l’État espagnol.

« Le gouvernement doit immédiatement annuler cette expulsion et mettre fin à sa répression appuyée ciblant les peuples indigènes qui luttent pour jouir de leurs droits fondamentaux », a déclaré Guadalupe Marengo.

En juin, le président Alan Garcia n’a pas confirmé une loi prévoyant de consulter les peuples indigènes sur les questions qui les touchent, alors qu’elle avait déjà été adoptée par le Congrès péruvien.

Les dirigeants indigènes continuent d’être inculpés d’accusations infondées et personne n’a encore été traduit en justice pour les violences qui se sont produites lorsque des policiers ont dispersé une manifestation organisée par des indigènes concernant des terres et des ressources à Bagua en juin 2009. Trente-trois personnes avaient alors trouvé la mort, dont 23 policiers.

Cette manifestation avait été déclenchée parce que le gouvernement n’avait pas consulté les indigènes sur une série de décrets-lois qui allaient affecter leurs terres et leurs ressources.

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