PÉROU : Non aux tentatives d’intimidation des défenseurs des droits humains

Index AI : AMR 46/004/2003

Face à l’agression dont a été victime l’avocate Gloria Cano, les autorités péruviennes doivent impérativement agir sans délai pour que les défenseurs des droits humains puissent travailler sans avoir à craindre d’être victimes d’actes d’intimidation, a déclaré aujourd’hui, 29 janvier 2003, Amnesty International.

Le 27 janvier, un groupe d’une vingtaine d’individus aurait entouré Gloria Cano aux abords de son cabinet, l’aurait frappée et insultée. Les agresseurs semblaient être des partisans de l’ancien président de la République, Alberto Fujimori. Gloria Cano est parvenue à leur échapper grâce à l’intervention de ses collègues de l’Asociación pro Derechos Humanos (APRODEH, Association pour les droits humains), qui sont sortis pour lui porter secours. Ses agresseurs auraient déclaré que ce n’était là que la première d’une série d’attaques contre l’APRODEH et le personnel de l’association.

Amnesty International pense que l’agression perpétrée contre Gloria Cano et l’APRODEH est directement liée à la campagne que mène cette organisation pour dénoncer l’impunité et la corruption au Pérou. Cette campagne a pour objectif ultime d’obtenir l’extradition de l’ancien président Alberto Fujimori, actuellement réfugié au Japon.

Les années 1980 et 1990 ont été marquées par le mépris des droits humains. La torture, les exécutions extrajudiciaires et les « disparitions » étaient à l’époque des pratiques courantes, tolérées par les pouvoirs publics. Les groupes armés (Partido Comunista del Perú "Sendero Luminoso" (PCP-SL, Parti communiste du Pérou "Sentier lumineux") et, dans une moindre mesure, Movimiento Revolucionario Túpac Amaru (MRTA, Mouvement révolutionnaire Túpac Amaru)) se sont eux aussi rendus coupables d’atteintes au droit humanitaire. La campagne pour l’extradition d’Alberto Fujimori s’inscrit dans le contexte des graves violations des droits humains commises par l’État.

« Dans un Pérou en pleine transition démocratique, il est essentiel que les atteintes passées aux droits humains ne restent pas impunies », a déclaré Amnesty International.

Sous la présidence d’Alberto Fujimori, Amnesty International a reçu de nombreuses informations, faisant état d’actes d’intimidation et de menaces dirigés contre des défenseurs des droits humains.

« Nous constatons malheureusement qu’il existe apparemment au Pérou des secteurs qui ne sont pas favorables au respect des droits humains et qui n’hésitent pas à recourir à la violence pour faire taire ceux qui les défendent », a déploré Amnesty International.

« Alors qu’une ère nouvelle s’ouvre pour le Pérou, les autorités doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour que des actes de ce genre ne se répètent pas et qu’une enquête soit menée sur cette affaire », a estimé l’organisation, rappelant que le gouvernement du président Toledo s’est engagé à rétablir le plein respect des droits humains.

« Les responsables doivent être traduits en justice, afin de bien montrer que de pareils actes ne sauraient être tolérés.

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