Pétition et mobilisation contre la condamnation de Cobra Parsajoo, épouse d’Hamid Babaei

Des militants d’Amnesty International se mobilisent devant l’ambassade d’Iran à Bruxelles pour attirer l’attention sur les risques qu’encourt Cobra Parsajoo pour avoir mené campagne pacifiquement en faveur de la libération de son mari, Hamid Babaei, et empêcher sa condamnation. Une demande répercutée dans une pétition que la section belge francophone d’Amnesty International vient de lancer et qui a déjà recueilli quelque 6.500 signatures en moins de 24 heures.

« La situation est urgente car tout porte à croire que Cobra sera arrêtée ce mardi, explique Philippe Hensmans, Directeur de la section belge francophone d’Amnesty International. Le 14 octobre dernier, elle avait dû se présenter devant la justice, sans avoir droit à un avocat, et on lui a appris que la décision de la justice à son égard lui serait communiquée dans les tous prochains jours.  »

Amnesty International appelle les autorités iraniennes à ne pas condamner Cobra Parsajoo qui n’a fait qu’agir pacifiquement en faveur de son mari Hamid Babaei et à s’assurer qu’elle puisse faire appel à l’avocat de son choix, comme l’exige le droit international et à la libérer après sa convocation de ce mardi 21 octobre.

« Nous tenons à souligner que Cobra Parsajoo ne s’est rendue coupable d’aucun délit, s’insurge Philippe Hensmans. Elle n’a fait qu’exercer son droit à la liberté d’expression, droit qui fait l’objet de l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ratifié par l’Iran le 24 juin 1975. D’autre part, priver quiconque de l’accès à un avocat est contraire au droit international.  »

Background

Cobra Parsajoo est une étudiante iranienne qui, depuis 2010, poursuivait une thèse de doctorat à l’Université libre de Bruxelles. Cobra est retenue en Iran depuis août 2013, suite à l’arrestation puis à la condamnation le 21 décembre 2013 de son mari Hamid Babaei à une peine de six ans de réclusion. Dès l’arrestation de son mari, Cobra s’est lancée dans une campagne pacifique en sa faveur, et elle sait depuis juin qu’un procès l’attend elle aussi.

Hamid Babaei et son épouse Cobra Parsajoo sont deux étudiants iraniens venus en Belgique pour y mener à bien un doctorat. Hamid poursuivait depuis 2009 une thèse dans le domaine de la finance au HEC de l’Université de Liège, tandis que Cobra avait entamé en 2010 une thèse en pharmacie à l’Université libre de Bruxelles.

Arrêté en juillet 2013 en Iran, où le jeune couple était venu passer un mois de vacances, Hamid fut condamné le 21 décembre 2013 à six ans d’emprisonnement pour « atteinte à la sécurité nationale par la communication avec des États hostiles » – en l’occurrence la Belgique. Le ministère du Renseignement lui avait demandé d’espionner des étudiants iraniens vivant en Belgique, mais il s’y était opposé, et, selon toute vraisemblance, c’est en raison de ce refus qu’il a été condamné. La bourse et les autres fonds que l’ULg lui versait pour ses études de troisième cycle ont été utilisés comme des preuves de ses soi-disant activités pour le compte d’« États hostiles ».

Hamid a interjeté appel le 2 février 2014 auprès de la 54e chambre de la Cour d’appel de Téhéran, mais son appel a été rejeté début mai. Détenu à la prison d’Evin (Téhéran), il y a récemment été transféré de la section pour prisonniers politiques dans une section pour condamnés de droit commun, où les conditions de vie sont extrêmement dures.

Dès l’arrestation de son mari, Cobra s’est lancée dans une campagne pacifique en faveur d’Hamid Babaei.
Les actions menées par Cobra lui ont valu des menaces d’emprisonnement, une surveillance étroite ainsi que la confiscation de son visa. Elle est également déchue de ses droits civiques, ce qui, entre autres, lui ferme la porte des bibliothèques universitaires, l’empêchant donc de poursuivre ses recherches. En outre, et surtout, elle a été convoquée en juin par les autorités, et a appris qu’elle serait, elle aussi, soumise à un procès.

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