Philippines, les élections ne sont guère de bon augure pour les droits humains

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Ferdinand « Bongbong » Marcos Jr et Sara Duterte sont sur le point de remporter les élections aux Philippines.

« Il est très inquiétant que Ferdinand " Bongbong " Marcos Jr et Sara Duterte aient par le passé évité d’évoquer les violations des droits humains aux Philippines. Durant la période de campagne, il semble qu’ils ont délibérément refusé de prendre position sur les violations passées et présentes – y compris celles commises sous la loi martiale dans les années 1970 et au début des années 1980, ainsi que dans le contexte de la " guerre contre la drogue " menée par le gouvernement de Rodrigo Duterte.

« Si cela est confirmé, le nouveau gouvernement de Ferdinand Marcos Jr sera confronté à de nombreuses difficultés dans le domaine des droits humains. Il devra changer radicalement de cap et rompre avec les six dernières années de présidence de Rodrigo Duterte, marquées par une multiplication des attaques contre les opposant·e·s politiques et les défenseur·e·s des droits humains, la répression de la liberté de la presse et les meurtres généralisés et systémiques dans le cadre de la " guerre contre la drogue ".

« Les arrestations et détentions arbitraires généralisées, la torture et les exécutions extrajudiciaires qui se sont produites à l’époque de la loi martiale et les violations commises plus récemment sous la présidence de Rodrigo Duterte ne doivent plus jamais se reproduire.

« Ce n’est qu’en s’engageant en faveur de la justice, de la vérité et de l’obligation de rendre des comptes que les Philippines pourront progresser sur la voie du respect des droits humains »

« Amnesty International ne faiblira pas dans sa détermination à dénoncer les violations des droits humains dans le but de traduire en justice les responsables présumés, y compris pour les violations commises par le passé. Ce n’est qu’en s’engageant véritablement en faveur de la justice, de la vérité et de l’obligation de rendre des comptes pour de telles violations que les Philippines pourront progresser sur la voie du respect de l’état de droit et des droits humains », a déclaré Emerlynne Gil, directrice régionale adjointe de la région Asie-Pacifique à Amnesty International.

Complément d’information

Bien que les résultats n’aient pas été officiellement annoncés, Ferdinand « Bongbong » Marcos Jr devrait remporter la victoire, selon certaines informations et les premiers décomptes. Il prendra alors la suite du président Rodrigo Duterte, en poste de 2016 à 2022. En effet, la Constitution philippine n’autorise qu’un seul mandat présidentiel de six ans.

Sara Duterte, maire de la ville de Davao et fille du président Rodrigo Duterte, est sur le point de remporter la vice-présidence, qui fait l’objet d’une élection distincte. Parmi les autres postes de haut niveau à pourvoir, citons des sénateurs, des représentants du Congrès et des postes locaux majeurs, notamment des gouverneurs de province et des maires.

Marcos Jr est le fils de l’ancien président Ferdinand Marcos, qui a décrété la loi martiale et présidé sous ce régime [1] aux Philippines de 1972 à 1981. Au cours de la période de campagne, divers organismes de surveillance ont observé une multiplication de la désinformation via les plateformes de réseaux sociaux, visant à réfuter les récits de graves violations des droits humains pendant la loi martiale.

À l’approche des élections, Amnesty International a appelé tous les candidats à mettre les droits humains au cœur de leurs campagnes après six années d’une « guerre contre la drogue » meurtrière et la montée de l’impunité pour ces violations et d’autres violations perpétrées sous la présidence de Rodrigo Duterte.

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