Philippines, il faut immédiatement libérer Leila de Lima

La prisonnière d’opinion Leila de Lima, fervente détractrice de la « guerre contre la drogue » menée par le gouvernement, en est à son millième jour de détention arbitraire aux Philippines.

« Chaque jour que la sénatrice Leila de Lima passe en détention est une injustice supplémentaire à son égard. Nous nous associons aux défenseur·e·s des droits humains des Philippines et du monde entier pour demander la fin de sa détention arbitraire et sa libération immédiate, a déclaré Butch Olano, directeur d’Amnesty International Philippines.

« À ce jour, aucun élément de preuve solide n’étaye les accusations portées contre elle. En revanche, le ministère public a requalifié les faits pour tenter, semble-t-il, de retarder la procédure judiciaire. Nous appelons une nouvelle fois les autorités philippines à abandonner toutes les charges retenues contre Leila de Lima et à la libérer immédiatement et sans condition. Dans l’attente de sa libération, celle-ci ne doit pas être soumise à des restrictions arbitraires, notamment la privation de visites.

« La sénatrice Leila de Lima est une courageuse défenseure des droits humains. Elle est détenue uniquement pour avoir critiqué de façon pacifique et légitime le gouvernement de Rodrigo Duterte, en particulier sa violente “guerre contre la drogue” qui a déjà fait des milliers de victimes, pour la plupart pauvres et marginalisées. Sa détention n’est rien d’autre qu’une tentative éhontée d’étouffer la dissidence et d’anéantir les efforts visant à dévoiler les violations des droits humains imputables au gouvernement philippin. Il faut que la sénatrice Leila de Lima soit libérée immédiatement. »

Complément d’information

La sénatrice Leila de Lima a été arrêtée le 24 février 2017 par la police nationale philippine après avoir été inculpée d’infractions liées aux stupéfiants. Depuis, elle est détenue au siège de la police à Camp Crame, dans la ville de Quezon (métropole de Manille). Elle critique haut et fort le gouvernement de Rodrigo Duterte et les violations des droits humains commises dans le cadre de la « guerre contre la drogue » qu’il mène depuis son arrivée au pouvoir en juin 2016.

Les trois chefs d’inculpation dont elle faisait l’objet initialement au titre de la Loi de 2002 relative aux drogues dangereuses pour trafic de stupéfiants, infraction excluant toute possibilité de libération sous caution, ont été requalifiés en « collusion » en vue d’un trafic de stupéfiants, infraction qui exclut également toute libération sous caution. Si elle est déclarée coupable, elle risque la réclusion à perpétuité. En se fondant sur les déclarations de personnes condamnées pour des infractions liées aux stupéfiants, le ministère public a affirmé que la sénatrice Leila de Lima entretenait des liens avec des réseaux de trafiquants et permettait la prolifération des drogues dans la prison nationale de Bilibid. Celle-ci a toujours nié ces accusations, les qualifiant de manœuvres du président et de ses alliés politiques visant à la discréditer et à la faire taire.

Depuis sa cellule à Camp Crame, elle rédige chaque jour à la main des dépêches, dans lesquelles elle commente les problèmes sociaux et politiques aux Philippines et attire l’attention sur les violations des droits humains commises dans le pays.

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