Philippines : Flambée de la violence dans la « guerre contre la drogue »

La police philippine a tué 32 personnes, semble-t-il le plus lourd bilan en une seule journée de la « guerre contre la drogue » lancée par le président Rodrigo Duterte. En réaction, James Gomez, directeur pour l’Asie du Sud-Est et le Pacifique à Amnesty International, a déclaré :

« Ces morts rappellent que la " guerre contre la drogue " menée par le président Rodrigo Duterte se poursuit sans relâche et semble même atteindre de nouveaux sommets de barbarie, la police abattant systématiquement les suspects, bafouant le droit à la vie et violant les garanties prévues par la loi.

« Les personnes les plus exposées à ces violences sont les habitants pauvres de régions comme la province de Bulacan, où de nombreuses exécutions extrajudiciaires ont eu lieu depuis que le président a accédé au pouvoir, et où ont été perpétrés 21 des 32 homicides du 16 août.

« Fait des plus inquiétants, Rodrigo Duterte a récemment déclaré qu’il ne serait peut-être pas en mesure de résoudre les problèmes liés à la drogue durant son mandat actuel. Avec la prolongation indéfinie de cette stratégie vouée à l’échec, il semble difficile d’entrevoir la fin de cette vague d’homicides.

« Lorsque l’on sait que Rodrigo Duterte a menacé en juillet de supprimer la Commission philippine des droits humains, seule institution qui mène des enquêtes approfondies sur les exécutions extrajudiciaires, il semble que les droits humains aux Philippines soient plus menacés que jamais depuis le début de cette présidence sanglante.

« Cela montre clairement qu’il ne faut plus retarder la mise en place d’une commission d’enquête internationale sur la " guerre contre la drogue " et le carnage auquel on assiste chaque jour aux Philippines. »

Complément d’information

Depuis son arrivée à la présidence des Philippines en juin 2016, Rodrigo Duterte et son administration ont présidé à des violations généralisées des droits humains dans le cadre de la « guerre contre la drogue », ont intimidé et emprisonné des personnes critiques à leur égard et créé un climat de non-respect des lois.

Tirant parti de sa position au plus haut niveau de l’État, Rodrigo Duterte a explicitement approuvé et encouragé la violence qui, dans le cadre de la campagne gouvernementale de lutte contre la drogue, a conduit à des milliers d’exécutions extrajudiciaires.

Dans un rapport (en anglais) publié en janvier 2017, If you are poor you are killed, Amnesty International a relaté que la police des Philippines avait tué, et payé des personnes pour tuer, des milliers de trafiquants de drogue présumés, dans le cadre d’une vague d’exécutions extrajudiciaires susceptibles de constituer des crimes contre l’humanité.

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