« Plus de 100 personnes » arrêtées en Azerbaïdjan lors de la dispersion d’une manifestation pacifique

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI

12 mars 2011

(Bakou) Samedi 12 mars, Amnesty International a condamné la violente dispersion d’un rassemblement pacifique organisé à Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan, au cours de laquelle plus de 100 personnes auraient été arrêtées et des manifestants frappés à coups de poing et de pied par la police.

Environ 300 personnes s’étaient réunies sur la place de la Fontaine, à Bakou, pour un rassemblement organisé par le Parti de l’égalité, formation politique d’opposition. Plusieurs personnes ont également été arrêtées par la police alors qu’elles se rendaient sur place.

« Rien ne justifie les méthodes brutales utilisées contre des manifestants visiblement pacifiques, a déclaré Natalia Nozadze, spécialiste de l’Azerbaïdjan au sein d’Amnesty International, qui était présente lors de ces événements.

« Toutes les personnes arrêtées simplement pour avoir exercé leur droit de manifester pacifiquement doivent être libérées immédiatement.

« Les autorités azerbaïdjanaises sont tenues, au regard du droit international, de permettre les manifestations pacifiques. Elles doivent cesser de priver leurs citoyens du droit à la liberté d’expression et de réunion. »

Les manifestants scandaient le mot « liberté » et réclamaient la démission du président, ainsi que la libération de militants emprisonnés.

Certaines des personnes présentes qui observaient la manifestation ont indiqué qu’elles la soutenaient mais avaient trop peur de s’y joindre.

La place a été encerclée par une centaine de policiers. Ceux-ci ont pris pour cible des personnes qui scandaient des slogans, leur ont couvert la bouche et les ont entraînées vers des fourgons de police à l’écart de la foule.

Ils ont donné des coups de poing à la tête à plusieurs manifestants après les avoir arrêtés. Ils ont également donné des coups de pied à des manifestants, des journalistes et un membre du personnel d’Amnesty International en faisant évacuer les lieux.

La police a chargé la foule à plusieurs reprises afin de la disperser, et le rassemblement s’est transformé en course-poursuite quand des agents ont pris des jeunes en chasse dans les rues de Bakou.

Le Parti de l’égalité avait demandé l’autorisation d’organiser ce rassemblement, mais les autorités avaient refusé.

Ses représentants ont affirmé à Amnesty International que plus de 100 personnes avaient été arrêtées, dont des chefs de file du parti et au moins un journaliste. Les militants locaux pensent que la plupart seront libérées, mais que certaines pourraient faire l’objet d’une détention administrative.

« Nous demandons un changement radical. Nous voulons une véritable démocratie. Nous voulons la dissolution du Parlement et de nouvelles élections démocratiques  », a déclaré le chef de ce parti, Issa Gambar, à Amnesty International.

Complément d’information
Ces arrestations s’inscrivent dans une série de coups de filet visant les militants en Azerbaïdjan.

Le 11 mars, la police de Bakou a arrêté 43 personnes qui se rendaient à des manifestations réclamant plus de liberté et la fin de la corruption et de l’oppression gouvernementales.

Après avoir été officiellement sommées de ne pas participer à ces manifestations, 23 personnes ont été libérées. Les autres ont comparu devant un tribunal dans la soirée du 11 mars, accusées de délits mineurs. Au moins neuf d’entre elles ont été reconnues coupables de refus d’obtempérer aux ordres de policiers et condamnées à des peines de cinq à huit jours de détention.

Le 8 mars, la police a arrêté Rachadat Akhoundov, un militant de 27 ans utilisant les médias sociaux, qui a été l’un des premiers à appeler à la manifestation du 11 mars. Il a été inculpé de refus d’obtempérer aux ordres de policiers et condamné à cinq jours de détention administrative.

Sahavat Soultanli, membre du mouvement des jeunes du Parti de l’égalité, a lui aussi été arrêté le 8 mars, après avoir publié sur sa page Facebook des informations relatives au rassemblement d’opposition du 11 mars. Il a été inculpé de violation des règles de circulation et condamné à cinq jours de détention administrative.

Le jeune militant Bakhtiyar Hajiyev, le seul des créateurs de la page d’événement Facebook relative à la manifestation du 11 mars qui vit en Azerbaïdjan, a été placé en détention le 4 mars, accusé de n’avoir pas respecté les termes d’une libération conditionnelle après son arrestation pour soustraction au service militaire.

Au cours d’une audience qui a eu lieu le jour même, il a transmis à son avocat une lettre indiquant qu’il avait été torturé et menacé de viol par un haut responsable de la police pendant sa détention.

Daïanat Babaïev, membre du comité des jeunes du Parti du front populaire d’Azerbaïdjan, qui a participé à l’organisation des manifestations, a également été arrêté le 4 mars. Il a été détenu au secret pendant deux jours et condamné à 10 jours de détention administrative pour entrave à la police. ??

Etibar Salmanly, un étudiant qui distribuait des tracts annonçant la manifestation du 11 mars, se cache depuis que la police a appelé le 7 mars au matin à son domicile alors qu’il était sorti, pour l’interroger, semble-t-il, au sujet d’allégations selon lesquelles il aurait « maudit une femme » dans la rue.

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