Poursuite des ventes d’armes à l’Arabie saoudite : un scandale !

Suite aux informations parues dans L’Echo [2] ce jeudi concernant les ventes d’armes wallonnes à l’Arabie saoudite, Amnesty International déplore amèrement la décision d’Elio Di Rupo, le ministre-président de la Région wallonne, de poursuivre les ventes d’armes à l’Arabie saoudite et de continuer à en autoriser l’exportation à destination de la Garde royale et la Garde nationale saoudiennes.

« Nous sommes très interpellés par cette décision alors qu’Amnesty s’était déjà insurgée suite à l’information révélée par le #BelgianArms selon laquelle, contrairement à ce qu’affirme Monsieur Di Rupo, la Garde nationale, armée par la Région wallonne, est bien active sur le terrain yéménite, avec de l’équipement militaire wallon. Nous avons par ailleurs alerté à plusieurs reprises les ministres-présidents successifs sur les risques de voir les armes wallonnes utilisées pour commettre des violations du droit international humanitaire au Yémen, et de se mettre ainsi en contradiction flagrante avec le Traité sur le commerce des armes et le décret wallon de 2012 relatif à cette matière », explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International.

Selon le dernier rapport annuel sur les licences d’exportation d’armes [3], déposé au Parlement le 3 février dernier et rendu public le 5 février, il apparaît par ailleurs que les ventes d’armes à l’Arabie saoudite ont augmenté de 70 millions d’euros en 2018, passant de près de 153 millions en 2017 à 223 millions en 2018, faisant une nouvelle fois de ce pays à la tête d’une coalition menant une guerre sanglante au Yémen, le premier client de la Région wallonne en matières d’armes.

« Nous regrettons une nouvelle fois l’opacité qui entoure les exportations d’armes wallonnes alors que les données portant sur l’année 2018 viennent à peine d’être rendues publiques et que les informations contenues dans le rapport sont parcellaires. Ces données ne tiennent par exemple pas compte des renouvellements de licences, ce qui signifierait que les montants relatifs au contrat de vente de tourelles de char produites par John Cockerill Defense, signé en 2014, ne figurent pas dans ce rapport », explique encore Philippe Hensmans.

L’organisation appelle une nouvelle fois la Région wallonne à ne plus d’octroyer de licences à des pays se rendant coupables de crimes de guerre et/ou de violations massives des droits humains, et à communiquer toutes les informations concernant les nouvelles licences octroyées par le ministre-président wallon depuis que le gouvernement est entré en fonction.

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