Communiqué de presse

Raif Badawi. Waleed Abu al Khair : incarcéré depuis un an pour avoir défendu les droits humains

Jeudi 16 avril, à 17h, des militants d’Amnesty International manifestent pour la quatorzième semaine consécutive devant l’ambassade d’Arabie Saoudite. Cette manifestation a lieu dans le contexte du premier anniversaire de l’incarcération de Waleed Abu al Khair, l’avocat de Raif Badawi et de très nombreuses autres victimes de violations des droits humains. Les militants d’Amnesty exigent toujours la libération des deux prisonniers d’opinion et l’annulation de leurs peines.

En contact régulier avec Amnesty International, Samar Badawi, l’épouse de Waleed Abu al Khair et la soeur de Raif Badawi, a écrit une lettre dans laquelle elle apporte son soutien à son époux, souligne son courage, condamne les autorités saoudiennes, « qui ont érigé l’oppression en cause de réjouissance », et rappelle à ses compatriotes que son mari est en prison pour qu’ils puissent vivre libres.

« Waleed Abu al Khair est en prison depuis un an pour avoir pris la défense de ceux qui, dans son pays, à l’instar de Raif Badawi, ont osé exprimer leurs opinions et le paient extrêmement cher. Une nouvelle fois, nous sommes devant l’ambassade d’Arabie saoudite pour réclamer avec vigueur et fermeté sa libération et celle de Raif Badawi », déclare Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International.

De façon générale, les autorités saoudiennes continuent de mener une campagne de persécution de grande ampleur à l’encontre des défenseurs des droits humains et des militants de la société civile, notamment en engageant des poursuites judiciaires contre eux et en adoptant des mesures arbitraires telles que l’interdiction de voyager.

Complément d’information

Waleed Abu al Khair, l’avocat de Raif Badawi, a été jugé le 6 juillet 2014 par le Tribunal pénal spécial coupable d’avoir « désobéi au souverain et cherché à lui ôter sa légitimité », « insulté le pouvoir judiciaire et remis en cause l’intégrité des juges », « créé une organisation non autorisée », « nui à la réputation de l’État en communiquant avec des organisations internationales » et « rédigé, enregistré et envoyé des informations troublant l’ordre public ». Il a alors été condamné à 15 ans de prison, à une interdiction de voyager de la même durée et à une amende s’élevant à 200 000 riyals (environ 45 000 euros).

Le 12 janvier 2015, il a vu sa condamnation confirmée en appel. Le juge a par ailleurs ordonné qu’il purge l’intégralité de sa peine en raison de son refus de présenter des excuses pour les faits qu’on lui reproche. Il continue par ailleurs de contester la légitimité du Tribunal pénal spécial, un tribunal d’exception jugeant des affaires en rapport avec la sécurité et la lutte contre le terrorisme et dont la compétence et les règles internes n’ont pas été précisées.

Raif Badawi a été condamné le 7 mai 2014 par le Tribunal pénal de Djedda à 10 ans de prison et 1 000 coups de fouet, assortis d’une interdiction de voyager pendant 10 ans à l’issue de sa peine, d’une interdiction d’utiliser les médias et d’une amende de 1 million de riyals saoudiens (environ 226 000 euros). Ce jugement est lié à la création de son site internet « Libérez les libéraux saoudiens » (dont la Cour a ordonné la fermeture), et à des accusations selon lesquelles il aurait « insulté l’islam ». Raif Badawi était initialement inculpé d’« apostasie », infraction passible de la peine de mort en Arabie saoudite. Malgré les efforts de son avocat, Waleed Abu al Khair, également en prison en raison de son militantisme pacifique, la Cour d’appel de Djedda a confirmé la condamnation de Raif Badawi le 1er septembre. Selon la décision finale de cette instance, Raif Badawi doit recevoir 50 coups de fouet consécutifs à un intervalle d’une semaine. Il a été flagellé une première fois en public après la prière du vendredi le 9 janvier dernier, devant la mosquée Al-Jafali à Djedda.

Les flagellations qui devaient avoir lieu les 16 et 23 janvier derniers ont été reportées pour raisons médicales. Depuis lors, aucun autre coup n’a été porté au blogueur, mais les autorités se sont abstenues de motiver les dix derniers reports (6 février, 13 février, 20 février, 27 février ; 6, 13, 20, 27 mars ; 3 et 10 avril). Il est pour l’heure impossible de savoir si Raif Badawi sera flagellé ce vendredi 17 avril.

 La pétition à l’attention du roi d’Arabie saoudite et du Premier ministre saoudien est disponible ici :

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