Une bougie allumée et une pancarte à la main, ils et elles ont commémoré les terribles événements survenus il y a 37 ans à Pékin et exigé la libération des défenseur·es des droits Chow Hang-tung et Lee Cheuk-yan, actuellement détenu·es à Hong Kong. Des représentant·es d’Amnesty International ont remis à cette occasion à la Représentante spéciale de Hong Kong auprès de l’Union européenne et de la Belgique, Shirley Yung, une pétition qui a récolté près de 17 000 signatures en Belgique francophone.
« Avec cette action, nous reproduisons précisément le geste qui a valu à Chow Hang-tung et Lee Cheuk-yan des accusations et des poursuites injustes et scandaleuses, explique Philippe Givron, coordinateur Chine de la section belge francophone d’Amnesty International.
« Chow Hang-tung et Lee Cheuk-yan ont longtemps œuvré en tant que, respectivement, vice-présidente et président de l’Alliance de Hong Kong, depuis lors dissoute. C’est pour l’organisation des veillées de commémoration de la répression Tiananmen et le soutien aux mouvements pro-démocratie qu’elle et il ont été accusés d’“incitation à la subversion du pouvoir de l’État” et mis en détention. »
Amnesty International considère Chow Hang-tung et Lee Cheuk-yan comme des prisonnier·ères d’opinion et demande leur libération immédiate et sans condition, ainsi que l’abandon de toutes les charges pesant sur elle/lui. En outre, l’organisation appelle les autorités hongkongaises à abroger immédiatement toutes les lois qui portent atteinte aux droits humains, en particulier la loi sur la sécurité nationale et l’ordonnance sur la sauvegarde de la sécurité nationale et à cesser d’imposer des poursuites pénales aux personnes qui exercent pacifiquement leurs droits fondamentaux.
Depuis septembre 2021, les autorités maintiennent en détention Chow Hang-tung. Cette dernière a vu sa demande de libération sous caution rejetée à plusieurs reprises et la durée
de la procédure a été excessivement prolongée. En janvier 2026, seulement, a débuté le procès emblématique de l’Alliance de Hong Kong pour le soutien aux mouvements démocratiques patriotiques de Chine. Chow Hang-tung et Lee Cheuk-yan sont accusés d’« incitation à la subversion du pouvoir de l’État », un crime établi par la loi sur la sécurité nationale de 2020, qu’Amnesty International et les Nations unies ont déclaré incompatible avec les obligations internationales de Hong Kong en matière de droits humains.
« Une telle veillée est simple à organiser en Belgique et ne fait courir aucun risque à ses participants et participantes. En revanche, à Hong Kong, et plus encore en Chine continentale, organiser ou prendre part à une telle action vous placera dans le collimateur des autorités, qui ne manqueront pas de vous faire payer très lourdement ce qui n’est pourtant que le simple exercice du droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique. Nous n’aurons de cesse de nous battre pour qu’un terme soit mis à cette répression injustifiée », conclut Philippe Givron.
Complément d’information
Le 4 juin 1989, l’armée chinoise a ouvert le feu sur des étudiant·es et des travailleur·euses qui manifestaient pacifiquement pour des réformes politiques sur la place Tiananmen à Pékin, et aux alentours. Des centaines – voire des milliers – de personnes ont été tuées, y compris des enfants et des personnes âgées. Des dizaines de milliers d’autres personnes ont été arrêtées à travers la Chine dans le cadre de la répression qui a suivi.
Commémorer les événements qui se sont déroulés sur la place Tiananmen est interdit depuis longtemps en Chine continentale. Cependant, chaque année entre 1990 et 2019, des centaines de milliers de personnes se réunissaient le 4 juin pour une veillée à la bougie dans le parc Victoria à Hong Kong, afin de rendre hommage aux victimes.
