Communiqué de presse

Méditerranée. 50 fois plus de morts sur fond d’inaction de l’UE

Des personnes souffrent et meurent à nos frontières, arrêtons ça !

• Quelque 900 personnes seraient mortes depuis le début de l’année, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés

• Près de 10 000 personnes ont été sauvées depuis le weekend des 11-12 avril d’après les garde-côtes italiens

• Les gouvernements européens n’ont pour l’instant rien fait pour essayer de résoudre cette crise humanitaire

• Amnesty International doit diffuser un nouveau rapport sur la question d’ici la fin du mois

La négligence persistante des gouvernements européens face à la crise humanitaire dont la Méditerranée est le théâtre a contribué à la multiplication par 50 du nombre de décès de migrants et de réfugiés depuis le début de l’année, a déclaré Amnesty International mercredi 15 avril alors qu’il est à craindre qu’environ 400 personnes de plus aient péri au large des côtes libyennes ces derniers jours en tentant d’effectuer la traversée.

Mercredi 15 avril, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés s’est dit « profondément choqué » que cette dernière tragédie en date ait amené le nombre de victimes depuis le 1er janvier 2015 à près de 900, contre 17 durant la même période en 2014. C’est près de 53 fois plus de décès de migrants et de réfugiés.

Le 28 avril, Amnesty International publiera un nouveau rapport qui proposera une analyse approfondie de la crise actuelle et contiendra des témoignages de rescapés de naufrages survenus au cours de trois premiers mois de l’année. Il expliquera notamment en quoi les opérations de recherche et sauvetage actuelles sont bien loin de ce qui est nécessaire pour faire face à cette crise humanitaire dans le centre de la Méditerranée.

« Combien d’autres personnes doivent mourir avant que les gouvernements européens prennent conscience que s’appuyer sur des ressources de bric et de broc pour les opérations de recherche et de sauvetage ne suffit pas ? », a déclaré Gauri Van Gulik, directrice du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

« Des milliers de migrants et de réfugiés se trouvant dans des situations désespérées continuent à de lancer dans la traversée maritime la plus dangereuse du monde, et des centaines d’entre eux sont déjà morts cette année - une augmentation énorme par rapport à la même période en 2014. »

Tout indique que le nombre de migrants et de réfugiés se lançant dans cette traversée continuera à augmenter à mesure que les conditions météorologiques s’amélioreront, que les violences et les persécutions continuent dans des pays tels que la Syrie et l’Érythrée, et que l’instabilité persiste en Libye, point de départ de la majorité des trajets organisés par des passeurs à travers la Méditerranée.

Lors des derniers événements en date, les garde-côtes italiens ont dit à Amnesty International qu’ils avaient sauvé près de 10 000 personnes après avoir répondu à des dizaines d’appels de détresse distincts depuis samedi 11 avril. Dimanche 12 avril, les garde-côtes ont retrouvé neuf corps sans vie sur un bateau en bois qui avait chaviré, et les opérations de recherche se poursuivent car des centaines d’autres passagers de ce bateau ne répondent toujours pas à l’appel.

Comme dans d’autres opérations récentes de recherche et de sauvetage, les gardes-côtes ont dû compter sur l’aide ponctuelle de l’opération Triton - pour le contrôle des frontières dans l’Union européenne (UE) - et de navires marchands se trouvant à proximité.

« L’Europe a réduit sa capacité de recherche et de sauvetage en faisant valoir l’argument biaisé que ce type d’opérations avait un "effet d’appel", attirant plus de migrants. Mais la réalité de la situation en Méditerranée montre que cela est faux, puisque le nombre de personnes essayant de se rendre en Europe ne fait qu’augmenter », a déclaré Gauri Van Gulik.

« Les dirigeants à Londres, Paris, Berlin et dans les autres capitales européennes doivent admettre que la stratégie actuelle ne fonctionne pas et peser de tout leur poids en faveur d’une politique humanitaire robuste et concertée en Méditerranée, qui soit au moins dotée des mêmes ressources que l’opération italienne Mare Nostrum suspendue l’an dernier. »

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