UE, Renvois illégaux systématiques et violences aux frontières

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Une nouvelle enquête [3] réalisée par Lighthouse Reports [4], qui note que les autorités dans plusieurs pays de l’Union européenne (UE) procèdent à des arrestations avec violence de personnes migrantes et demandeuses d’asile et les renvoient sommairement dans des pays situés en dehors des frontières de l’UE.

« Voici un nouvel élément qui atteste que les renvois illégaux et les violences que subissent les personnes migrantes et demandeuses d’asile sont monnaie courante aux frontières extérieures de l’UE. Dans de nombreux pays, dont la Grèce, la Pologne, l’Espagne et la Croatie, les personnes en quête de sécurité et de protection sont accueillies par des fils barbelés et des garde-frontières armés, a déclaré Jelena Sesar, chercheuse sur les Balkans à Amnesty International.

« Il est inquiétant que la Commission européenne continue de fermer les yeux sur une telle violation du droit européen et même de financer des opérations de police et de contrôle des frontières dans certains de ces pays »

« Le rapport de Lighthouse inclut des images choquantes de policiers masqués et de garde-frontières frappant des migrants et des demandeurs d’asile à coups de bâtons, pour les forcer à quitter la Croatie, en violation flagrante du droit européen. De leur propre aveu, les autorités croates ont utilisé des fonds de la Commission européenne pour acheter des équipements de police et même payer les salaires des garde-frontières, rendant ainsi l’UE complice de ces violations des droits humains.

« Si les insignes permettant d’identifier ces représentants des forces de l’ordre ont été volontairement arrachés de leurs vêtements, il est clair que leurs uniformes, leurs armes et leur équipement sont identiques à ceux qui sont utilisés exclusivement par l’unité de la police spéciale croate, bien connue pour procéder à des renvois violents depuis des années. »

Des responsables de la Commission européenne, dont la Commissaire Ylva Johansson, ont déclaré qu’ils étaient atterrés par un traitement aussi inhumain infligé à des personnes aux frontières de l’Europe. Pourtant, cet été, ils ont autorisé la Croatie à mettre sur pied un mécanisme de surveillance qui est en fait une coquille vide ne garantissant pas que les auteurs de violations des droits humains seront traduits en justice et amenés à rendre des comptes. La Grèce à récemment rejeté l’idée de créer un mécanisme de surveillance des droits humains, alors qu’Amnesty International a constaté des renvois illégaux opérés dans la violence de personnes réfugiées et migrantes, illustrant la politique de facto de contrôle des frontières de la Grèce.

« Si les insignes permettant d’identifier ces représentants des forces de l’ordre ont été volontairement arrachés de leurs vêtements, il est clair que leurs uniformes, leurs armes et leur équipement sont identiques à ceux qui sont utilisés exclusivement par l’unité de la police spéciale croate, bien connue pour procéder à des renvois violents depuis des années »

« Il est inquiétant que la Commission européenne continue de fermer les yeux sur une telle violation du droit européen et même de financer des opérations de police et de contrôle des frontières dans certains de ces pays.

« En juillet par exemple, elle a alloué à la Croatie 14 millions d’euros de fonds d’urgence, lors même que des représentants européens ont fait part de leur consternation face au traitement inhumain que réserve la Croatie aux migrants. Ces renvois forcés illégaux, et les financements qui les facilitent, doivent cesser sans plus attendre », a déclaré Jelena Sesar.

À la suite de la plainte déposée par Amnesty International, le bureau de la Médiatrice européenne mène actuellement une enquête sur la complicité de l’Europe dans les violences touchant les personnes migrantes et réfugiées à la frontière croate.

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