Répression des travailleurs et des syndicalistes

En Égypte, plusieurs dizaines de travailleurs et de syndicalistes ont été arrêtés, placés en détention, renvoyés de leur travail ou jugés par des tribunaux militaires pour avoir simplement exercé leur liberté d’expression, d’association et de réunion, a déclaré Amnesty International dans une déclaration publiée le 1er mai 2017, à l’occasion de la Fête du travail.

Face aux difficultés économiques croissantes, et confronté à une vague de grèves dans les secteurs public et privé, ainsi que dans l’industrie militaire, le gouvernement égyptien utilise des mesures disciplinaires et des sanctions pénales pour réprimer les travailleurs et les syndicalistes. Il cherche aussi à modifier les lois existantes pour restreindre encore davantage les droits du travail.

« Les autorités égyptiennes mènent une campagne punitive contre les travailleurs et les syndicalistes afin de les dissuader de se mobiliser ou de se mettre en grève, ou pour les punir de l’avoir fait. Revendiquer ses droits en tant que travailleur ou exprimer ses doléances ne doit pas être une infraction pénale. Le droit de grève et le droit de réunion pacifique sont garantis par la Constitution égyptienne et par le doit international relatif aux droits humains. Les autorités égyptiennes doivent cesser de punir les gens pour l’exercice et la revendication de leurs droits », a déclaré Najia Bounaim, directrice Campagnes pour l’Afrique du Nord à Amnesty International.

De nombreux travailleurs ont été arrêtés pour avoir simplement participé à une grève ou à une manifestation pacifique. Certains ont été maintenus en détention provisoire pendant de longues périodes ou soumis à des mesures probatoires restrictives. La dernière semaine d’avril 2017, 16 employés de la société Telecom Egypt travaillant au Caire et à Guizeh ont été arrêtés en vertu de la législation égyptienne contre les manifestations pour avoir manifesté sans violence. Leur arrestation a déclenché des manifestations de soutien, à la suite desquelles ils ont été libérés.

Dans certains cas, des mesures disciplinaires, telles que des réductions de salaire, des périodes de suspension ou des licenciements, sont utilisées pour sanctionner les travailleurs. Au Centre hospitalier universitaire de Zagazig, géré par l’État, 12 infirmières ont été suspendues après avoir participé à une grève d’une semaine en février 2017, durant laquelle l’hôpital n’avait assuré que les services d’urgence.

Les risques sont encore plus grands pour les employés des usines appartenant à l’armée, car ils peuvent faire l’objet de procès inéquitables devant des tribunaux militaires. Vingt-cinq employés de l’entreprise militaire Alexandria Shipyard sont actuellement jugés par un tel tribunal. Ils sont inculpés d’« incitation à la grève » et risquent jusqu’à deux ans d’emprisonnement.

Les autorités ont aussi perturbé le fonctionnement de syndicats indépendants en prenant des sanctions disciplinaires contre certains de leurs membres et en entravant leurs activités. Le gouvernement a par ailleurs proposé des modifications de la Loi sur le travail et de la Loi sur les syndicats qui compliqueront encore davantage l’organisation de grèves et rendront presque impossible la création d’un syndicat indépendant ou l’adhésion à un tel syndicat.

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