Communiqué de presse

République centrafricaine. La communauté internationale doit protéger efficacement les civils

La population civile de République centrafricaine doit être protégée de toute urgence, a déclaré Amnesty International lundi 9 décembre 2013 à Bangui, la capitale, quatre jours après la pire flambée de violence que le pays ait jamais connue depuis le début du conflit.

Les délégués de l’organisation ont vu des dizaines de cadavres à la morgue centrale de Bangui et se sont rendus dans plusieurs des nombreux lieux où quelque 60 000 personnes au total ont trouvé refuge à travers la ville. La ville de Bossangoa et d’autres parties du pays seraient le théâtre de scènes similaires.

« Le nombre d’habitants qui fuient leur domicile à la recherche d’un abri sûr montre à quel point la peur et l’insécurité se sont répandues dans les quartiers de Bangui », a déclaré Christian Mukosa, spécialiste de l’Afrique centrale à Amnesty International, qui se trouve actuellement à Bangui.

Dans les lieux où ces gens cherchent refuge, la population augmente la nuit car, par crainte des attaques, de nombreux habitants quittent leur domicile au coucher du soleil pour aller se cacher dans les églises ou d’autres lieux jugés plus sûrs.

Toutefois, même dans ces camps, la sécurité est loin d’être suffisante. Selon des personnes déplacées, les forces gouvernementales de fait, connues sous le nom d’ex-Seleka, mènent des attaques sporadiques contre les camps et dans les zones voisines.

L’un des camps dans lesquels Amnesty International s’est rendue accueillait environ 3 000 personnes réfugiées autour d’une église, et n’était gardé que par une poignée de soldats de maintien de la paix africains postés à la barrière.

« Certains quartiers de Bangui sont extrêmement vulnérables aux attaques et doivent bénéficier de toute urgence d’une protection physique appropriée », a souligné Christian Mukosa.

« Il faut notamment protéger les hôpitaux, en particulier pour empêcher que ne se reproduisent des drames comme celui de l’hôpital de l’Amitié, où les forces de la Seleka sont venues chercher au moins une dizaine d’hommes pour les abattre. »

Les troupes françaises ont été généralement bien accueillies par la population de Bangui, et leur arrivée a probablement évité un bain de sang encore plus grand. Ces troupes patrouillent dans la ville, à pied ou dans des véhicules.

La Force multinationale de l’Afrique centrale (FOMAC), composée de soldats de maintien de la paix des pays africains voisins, joue aussi un rôle de protection important à certains endroits de la capitale et dans d’autres parties du pays, même si beaucoup d’habitants de Bangui interrogés disent ne pas faire confiance à son contingent tchadien en raison de ses sympathies présumées avec les forces de l’ex-Seleka.

Selon les chiffres officiels, plus de 400 personnes ont été tuées depuis l’explosion de violence du 5 décembre à Bangui, mais on estime que ce bilan pourrait en réalité atteindre un millier de morts. Le nombre réel de victimes ne sera probablement jamais connu.

D’après de nombreux témoignages, beaucoup de victimes ont été enterrées près de l’endroit où elles avaient été tuées sans être officiellement comptées. Le 8 décembre, Amnesty International s’est rendue sur trois sites où se trouvaient des tombes improvisées, dans le quartier des Castors, à Bangui.

L’organisation a aussi appris que différents types d’armes proliféraient au sein de la population, les gens sentant désespérément le besoin de se protéger. En conséquence, ils s’équipent notamment d’armes à feu et de grenades, ainsi que de machettes et d’autres outils plus rudimentaires.

Amnesty International estime que l’opération de désarmement lancée par les troupes françaises lundi 9 décembre est indispensable pour arrêter la violence, mais qu’elle sera difficile à mettre en œuvre.

« Cette violence a suscité une profonde colère en République centrafricaine, chaque groupe accusant l’autre d’en être responsable. La crise actuelle, qui se développe depuis plusieurs années, ne peut pas être résolue d’un claquement de doigt, mais les soldats de maintien de la paix peuvent jouer un rôle utile en s’attachant en priorité à protéger les lieux et les groupes de civils vulnérables », a indiqué Christian Mukosa.

« Leur objectif doit être de permettre à la population de rentrer chez elle et d’y vivre en toute sécurité, sans avoir à craindre de représailles ni d’attaques. Ce ne sera possible qu’avec une protection et des moyens suffisants. »

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