COMMUNIQUÉ DE PRESSE

République centrafricaine. Les effusions de sang prennent de l’ampleur et des meurtres motivés par la vengeance sont signalés

Des meurtres motivés par la vengeance ont été signalés à travers Bangui et d’autres zones de la République centrafricaine jeudi 5 décembre à la suite d’affrontements militaires survenus au petit matin, a déclaré Amnesty International.

« Des attaques en représailles font systématiquement suite aux incursions militaires en République centrafricaine, ce qui rend les civils vulnérables et les expose à un fort danger », a indiqué Christian Mukosa, spécialiste de l’Afrique centrale à Amnesty International.

« Cela montre à quel point il est urgent de déployer une force internationale de maintien de la paix crédible et efficace, qui soit habilitée à agir pour protéger les personnes les plus vulnérables, à l’heure où le pays bascule dans la crise. »

Selon plusieurs sources fiables, un grand nombre des personnes impliquées dans les combats du 5 décembre seraient des enfants soldats, dont certains portaient semble-t-il des machettes, des barres de fer et d’autres armes basiques.

D’après certaines informations, plus de 50 corps ont été amenés dans une mosquée du PK5, un des quartiers musulmans de Bangui. Un grand nombre des victimes avaient été tuées à coups de machette ou d’armes similaires.

Des morts et des blessés ont été conduits dans des hôpitaux de la ville, mais le nombre définitif de victimes n’a pas encore été confirmé.

Amnesty International a parlé à des médecins travaillant dans divers hôpitaux, qui ont évoqué les difficultés auxquelles ils sont confrontés et fourni des détails sur les patients ayant dû recevoir des soins urgents.

« Bangui a tout d’une ville morte », a expliqué Christian Mukosa, qui se trouve actuellement sur place. « Des médecins nous disent qu’ils désirent plus que tout se rendre dans les hôpitaux afin d’opérer des personnes dont la vie est en jeu, mais qu’ils ne peuvent le faire en raison de l’insécurité qui s’est abattue sur la ville. »

Il est à craindre que la décision du président d’instaurer un couvre-feu de 18 heures à 6 heures ne compromette la qualité des soins prodigués dans les hôpitaux, en empêchant le personnel médical de se rendre auprès des malades et des blessés.

« Le personnel hospitalier est dépassé par la crise actuelle. J’ai parlé à l’équipe d’un petit hôpital pédiatrique cet après-midi [jeudi 5 décembre]. Dix-huit personnes, 10 enfants et huit femmes, y sont arrivées dans la journée après avoir été blessées par des éclats d’obus lors d’attaques au mortier dans le cadre de ces affrontements. D’autres professionnels de la santé m’ont fait part de leur exaspération face au manque de personnel ou de spécialistes ayant l’expertise requise pour soigner les malades et les blessés. »

Il semble par ailleurs que des habitants de Bangui quittent leur domicile afin de trouver refuge dans divers endroits de l’autre côté de la ville. Amnesty International a reçu des informations selon lesquelles plus de 1 000 personnes sont allées chercher refuge à l’église catholique Saint-Bernard de Mandaba, dans le quartier de Boy-Rabbé.

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