République Centre Africaine — Empêcher un massacre !

Le Conseil de sécurité des Nations unies ne peut pas se permettre d’attendre pour autoriser le déploiement en République centrafricaine d’une force solide de maintien de la paix chargée de protéger les civils contre la violence et le chaos dans lesquels le pays est en train de sombrer, a déclaré Amnesty International ce lundi 2 décembre 2013.

Amnesty International exhorte le Conseil de sécurité des Nations unies a donner son accord pour l’envoi d’une mission de maintien de la paix dans les plus brefs délais pour sauver la population civile en République centrafricaine.

Cette semaine, on s’attend à ce que le Conseil de sécurité donne aux forces françaises et de l’Union africaine (UA) sur le terrain un premier mandat les chargeant de contenir les forces de sécurité et les groupes armés responsables d’une augmentation vertigineuse des violations des droits humains et des exactions. Toutefois, une véritable opération de maintien de la paix de l’ONU pourrait s’avérer nécessaire pour surmonter la crise actuelle.

Les conséquences de cette décision portant sur la vie et la mort affecteront un pays tout entier. Si le Conseil de sécurité n’agit pas maintenant pour mettre un terme à ce cycle de violence terrifiant qui règne en République centrafricaine, la communauté internationale tout entière s’en ressentira sérieusement pendant de longues années. Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International

Cet appel intervient alors que la France a commencé à envoyer encore 800 à 1 000 soldats pour renforcer un contingent de quelque 2 600 soldats de l’UA déjà sur place. Depuis que la coalition de la Seleka composée de groupes armés a pris le pouvoir en mars en écartant le président François Bozizé, la République centrafricaine a dans une large mesure sombré dans un climat d’illégalité.

Un rapport d’Amnesty International rendu public le 29 octobre (téléchargez-le ICI) rassemble des informations sur de graves violations des droits humains et exactions commises dans le pays. Des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées et plusieurs centaines d’homicides illégaux, d’exécutions extrajudiciaires et de viols de femmes et de filles et autres sévices ont été commis, en général dans une totale impunité, tant par les forces de sécurité que par les groupes armés. Une délégation d’Amnesty International qui s’était rendue au Tchad voisin il y a moins d’un mois s’était entretenue avec des personnes qui avaient fui la République centrafricaine pour se mettre à l’abri dans des camps de réfugiés de l’autre côté de la frontière.

Le Conseil de sécurité doit agir maintenant même pour aider les forces de l’UA en République centrafricaine – ainsi que les renforts venant de France et d’ailleurs – à protéger, avec un mandat de l’ONU, les personnes déplacées, les réfugiés et les autres civils et garantir à ces forces les moyens nécessaires à une action efficace et pleinement respectueuse du droit international relatif aux droits humains et du droit international humanitaire.

Les débats autour de la structure et du mandat d’une mission de maintien de la paix intervenant en République centrafricaine sous l’égide de l’ONU pourraient se poursuivre pendant les semaines, voire les mois à venir.

Recommandation d’Amnesty International aux Nations unies

En particulier, Amnesty International prie instamment le Conseil de sécurité de :

 demander au secrétaire général de l’ONU de commencer immédiatement les préparatifs pour le déploiement d’une force solide de maintien de la paix en République centrafricaine chargée de protéger les personnes déplacées, les réfugiés et les autres civils, et de freiner la spirale infernale vers une catastrophe humaine aux proportions considérables ;
 prendre des mesures transitoires visant à arrêter les violences. La communauté internationale doit soutenir une proposition du secrétaire général de l’ONU de recourir aux forces de maintien de la paix onusiennes déjà présentes dans des pays voisins jusqu’au déploiement véritable de la mission de l’ONU en République centrafricaine ;
 veiller à ce que la mission de maintien de la paix et tout mécanisme de transition soient dotés d’un mandat solide en matière de droits humains leur permettant de protéger les civils en général contre tout crime relevant du droit international, et les personnes déplacées et les réfugiés en particulier. La force de l’ONU doit avoir des compétences et une connaissance spécialisées en matière de violences sexuelles et liées au genre et de droits fondamentaux des femmes. Elle doit agir en amont pour protéger les civils et ses règles d’engagement doivent refléter ce mandat.

On s’attend également à ce que Conseil de sécurité cherche à imposer un embargo international sur les armes à destination de la République centrafricaine. Il existe un risque élevé que tout nouvel arrivage d’armes dans le pays serve à commettre ou à faciliter d’autres atteintes aux droits humains. De tels transferts d’armes violeraient des dispositions essentielles du Traité sur le commerce des armes, que les 115 États signataires peuvent déjà appliquer.

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