RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO : Il faut mettre fin à l’utilisation d’enfants soldats

Index AI : AFR 54/015/2003

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Genève. Les enfants continuent d’être les victimes du conflit en République démocratique du Congo (RDC), a déclaré aujourd’hui (lundi 31 mars 2003) Amnesty International, lors d’une action organisée en marge de la session de la Commission des droits de l’homme des Nations unies.

« Malgré la signature d’accords de paix et d’un accord de transition politique, le conflit continue de ravager de nombreuses parties de la RDC », a déploré Amnesty International.

« Des civils non armés continuent d’être tués ou torturés, des femmes continuent d’être violées et des enfants continuent d’être recrutés dans les régions où combattent des groupes armés et des milices. »

L’organisation reste profondément préoccupée par le fait que ces atteintes systématiques et généralisées aux droits humains demeurent impunies.

La Coalition pour mettre fin à l’utilisation d’enfants soldats, dont Amnesty International fait partie, a estimé que des dizaines de milliers d’enfants étaient utilisés comme soldats en République démocratique du Congo. Lors d’une récente mission dans le pays, des délégués d’Amnesty International ont constaté que des enfants âgés de seulement sept ans étaient recrutés dans certains des groupes armés impliqués dans le conflit.

« En vertu du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, le recrutement d’enfants soldats âgés de moins de quinze ans est un crime de guerre », a précisé Amnesty International.

Par ailleurs, les gouvernements de la RDC, du Rwanda et de l’Ouganda ont tous ratifié le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés. Tous trois ont déposé une déclaration contraignante fixant à dix-huit ans l’âge minimum d’engagement volontaire.

Amnesty International a donc appelé la Commission des droits de l’homme à rappeler aux gouvernements impliqués dans le conflit en RDC qu’ils avaient pris l’engagement international de ne pas recruter d’enfants de moins de dix-huit ans.

« Les gouvernements impliqués dans le conflit en République démocratique du Congo doivent non seulement respecter leur engagement de ne pas recruter d’enfants, mais aussi mettre en place des programmes efficaces et durables de démobilisation et de réadaptation », a souligné l’organisation.

« La démobilisation ne se limite pas à sortir les enfants des forces armées ; elle consiste aussi à leur fournir le soutien psychologique et matériel nécessaire pour favoriser leur réintégration dans la société civile », a-t-elle ajouté.

« Il faut offrir à ces enfants des alternatives au recrutement militaire, notamment en développant les possibilités d’emploi et d’éducation, et en prenant des mesures pour éviter qu’ils ne soient recrutés de nouveau. »

Amnesty International a appelé la Commission des droits de l’homme à soutenir la création d’une commission d’enquête internationale sur les allégations de graves atteintes aux droits humains et au droit international humanitaire commises dans le cadre du conflit. Il faudrait que cette commission d’enquête rende ses conclusions à la 60e session de la Commission des droits de l’homme.

« Ce n’est pas en évitant de faire la vérité sur le passé du pays et en ignorant l’obligation de rendre des comptes que l’on instaurera la paix », a conclu Amnesty International.

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