RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO - Les récents affrontements font craindre de nouvelles violences

Index AI : AFR 62/007/2005

Amnesty International a appelé ce mardi 28 juin les forces de sécurité de République démocratique du Congo (RDC) au calme et à la mesure, après des affrontements entre policiers et manifestants ; d’autres manifestations sont prévues pour ce jeudi 30 juin. Cette date marque ce qui devait à l’origine être la fin du gouvernement de transition en RDC.

Amnesty International a demandé au gouvernement de RDC de prendre des mesures pour que tous - notamment les défenseurs des droits humains, les journalistes et les manifestants - puissent exprimer librement et en sécurité leur opinion sur le processus de transition politique dans le pays.

Amnesty International a condamné la mort de quatre civils tués par la police lors de manifestations pacifiques dans la ville de Mbuji-Mayi ce samedi 25 juin. Deux femmes auraient été violées au cours des affrontements, des dizaines de civils blessés et 19 personnes arrêtées.

Les affrontements ont éclaté entre des partisans du mouvement d’opposition Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et la police nationale de Mbuji-Mayi, un bastion de l’UDPS. Les forces de police responsables de violations des droits humains feraient partie d’une force de 250 hommes appartenant à la Police d’intervention rapide, envoyée à Mbuji-Mayi le 21 juin pour maintenir l’ordre.

Amnesty International a condamné l’usage excessif et sans discernement de la force par la police et les forces de sécurité contre les manifestants, et demandé au gouvernement de RDC d’empêcher que de nouvelles violences soient commises par les forces de sécurité, de mener une enquête indépendante et impartiale sur les homicides, et d’en rendre les conclusions publiques.

En prévision du 30 juin, les partis d’opposition prévoient de nouvelles manifestations dans la capitale et le reste du pays. Amnesty International s’inquiète pour la sécurité des civils qui ont l’intention de participer à ces manifestations pacifiques, car les policiers ont déjà eu recours à une force excessive pour disperser ces manifestations.

Contexte

L’Accord de paix global et inclusif de 2002 fixait au 30 juin 2005 la fin de la période de transition politique, avec la tenue des premières élections démocratiques et nationales de RDC. L’accord de paix permettait l’extension de la période de transition d’une année supplémentaire au maximum, mais certains dirigeants de l’opposition, comme Etienne Tshisekedi, chef de l’UDPS, ont appelé à des manifestations pour exiger la fin des institutions de transition, et pour boycotter l’inscription des électeurs qui se déroule actuellement à la capitale, Kinshasa. En janvier 2005, les forces de sécurité de RDC avaient pratiqué un recours excessif à la force pour disperser des manifestations à Kinshasa contre l’ajournement des élections. Des dizaines de manifestants et de passants avaient été abattus ou blessés lorsque des soldats et des policiers avaient utilisé la force meurtrière.

Des critiques se sont élevées contre le gouvernement de transition, tant au niveau national qu’international, déplorant le fait que ce gouvernement soit toujours miné par les factions, et n’ait pas respecté les conditions qu’il avait acceptées en signant l’accord de paix. À ce jour, ce gouvernement n’a, ni assuré la protection des droits humains et la sécurité des civils, ni réussi à mettre en œuvre des réformes fondamentales, comme l’intégration de l’armée. Le gouvernement doit encore agir promptement et efficacement pour achever la réforme de l’armée et de la police, réforme essentielle pour que les élections puissent se dérouler en toute sécurité, liberté et équité. Pour l’instant, cela est loin d’être sûr.

Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service Presse d’Amnesty International au 02 543 79 04 ou consulter les sites http://www.amnesty.be et http://www.amnesty.org.

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