RÉPUBLIQUE DOMINICAINE : Représailles contre les manifestants

RÉPUBLIQUE DOMINICAINE : Représailles contre les manifestants

Index AI : 27/003/2004
ÉFAI

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

La crise économique qui touche la République dominicaine a des conséquences
dramatiques. La baisse marquée du peso dominicain accompagnée d’une
importante hausse des prix des biens de première nécessité et de problèmes
croissants liés à l’approvisionnement énergétique ont provoqué de plus en
plus de manifestations contre la politique économique du gouvernement. Un
rapport d’Amnesty International indique qu’à l’occasion de ces
manifestations, les forces de sécurité ont été accusées d’arrestation
arbitraire de militants, d’un usage excessif de la force et d’exécution
illégale de manifestants et de simples passants.

L’organisation a déclaré que « les autorités dominicaines doivent donner des
instructions publiques dépourvues d’ambiguïté aux forces de sécurité pour
qu’elles n’utilisent pas un niveau illégal de force ou de violence face à
des manifestations pacifiques ».

Bien que les allégations de violations des droits humains par les forces de
sécurité soient largement répandues, ceux qui en sont accusés sont rarement
traduits devant un tribunal. En juillet, alors qu’ils tiraient au hasard
pour disperser des manifestants qui protestaient contre les conséquences de
la politique économique du gouvernement, des policiers auraient tué un
commerçant, Juan Lin, d’une balle dans la tête. Juan Lin ne participait pas
aux manifestations.

Amnesty International a insisté sur le fait que « cette affaire n’est que
l’une parmi beaucoup d’autres signalées à Amnesty International qui font
état de l’emploi excessif et disproportionné de la violence par les forces
de sécurité. Les autorités ne doivent pas permettre des représailles contre
les simples civils dans le cadre de ces manifestations ».

Les autorités essayant d’empêcher que leur politique soit critiquée, les
informations concernant les atteintes à la liberté de la presse se sont
multipliées avec la crise.

En juillet, deux animateurs d’une radio locale de la province de
Montecristi, Horacio Emilio Lemoine et Carlos Martínez, ont été détenus
pendant plusieurs jours et conduits au quartier général de la police
nationale à Saint-Domingue pour y être interrogés. Leur « crime » aurait été
d’avoir réalisé un sondage informel portant sur la prochaine élection
présidentielle parmi leurs auditeurs. Plusieurs d’entre eux ont téléphoné
pour dire qu’ils préféreraient le diable au président actuel, Hipolito
Mejía.

Amnesty International a noté avec satisfaction l’engagement des autorités
dominicaines à respecter entièrement les droits humains. Mais « la
traduction de cet engagement sur le terrain ne concorde pas avec la
situation réelle dans le pays aujourd’hui », a déclaré l’organisation.

« Les autorités doivent aussi s’assurer que toutes les allégations
concernant des violations des droits humains donnent lieu à des enquêtes
approfondies et impartiales. L’impunité est un problème très réel dont les
conséquences pratiques affectent la République dominicaine. »

Complément d’information

Il est possible de consulter sur le site d’Amnesty International le texte
complet du rapport intitulé Dominica Republic : Human rights violations in
the context of the economic
<http://web.amnesty.org/library/inde...> (index AI : AMR
27/001/2004)

Toutes les infos

Infos liées

Les Rohingyas persécutés et privés d’aide humanitaire

Au Myanmar, les forces de sécurité mènent une campagne violente et sans pitié contre les Rohingyas. Il faut agir pour que cela cesse