Révélation selon laquelle le militant politique Aftab Ahmad a été torturé et tué

Les autorités pakistanaises doivent mener une enquête indépendante, approfondie et transparente sur la torture et la mort d’Aftab Ahmad, un militant politique, alors qu’il se trouvait en détention sous la responsabilité des Rangers, une force paramilitaire placée sous le commandement de l’armée pakistanaise, a déclaré Amnesty International mercredi 4 mai.

L’appel de l’organisation survient après que le directeur général des Rangers, le général de division Bilal Akber, a concédé qu’Aftab Ahmad avait été torturé en détention et a diligenté une enquête interne sur les circonstances de son décès.

«  Une enquête des Rangers sur leur propre fonctionnement ne suffira pas. Une série de déclarations contradictoires de la part de la force paramilitaire au cours des heures ayant suivi l’annonce de la mort d’Aftab Ahmad semble indiquer une tentative de tromper le public et de résister à l’obligation de rendre des comptes », a déclaré Jameen Kaur, directrice adjointe pour l’Asie du Sud à Amnesty International.

« La révélation selon laquelle Aftab Ahmad a été torturé et tué alors qu’il était en détention sous la responsabilité des Rangers doit donner lieu à une enquête indépendante et transparente digne de ce nom.  »

« Il ne s’agit pas d’un incident isolé : nous avons reçu de nombreuses informations faisant état de détentions arbitraires, d’autres formes de mauvais traitements, d’actes de torture et d’homicides illégaux constituant des pratiques établies à Karachi et dans d’autres zones de la province du Sind. L’enquête doit être conforme aux obligations qui sont celles du Pakistan en vertu du droit international, et rompre avec l’impunité qui prévaut pour les violations des droits humains. Elle ne doit rien négliger, et devra notamment examiner des questions telles que la responsabilité de la hiérarchie, et rendre ses conclusions publiques. »

Amnesty International est par ailleurs préoccupée par le fait que Kehar Ansari, vice-président du Front pour que vive le Sind, un parti politique, se trouve en détention arbitraire et a semble-t-il été torturé. Enlevé par des hommes vêtus en civil à Naushahro Feroze, dans le Sind, le 23 avril, Kehar Ansari a été relâché la nuit du 3 mai couvert d’hématomes semblant résulter d’actes de torture, un jour après que les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des membres de son parti lors d’une action de protestation en faveur de sa libération, tuant une personne et en blessant sept autres.

« Les membres des Rangers ou d’autres forces de sécurité qui se sont rendus coupables de ces violations des droits humains doivent être traduits en justice dans le cadre d’une procédure équitable, sans que la peine de mort ne soit requise, quel que soit leur rang ou statut. »

Contexte

Aftab Ahmad était un membre de longue date du mouvement Muttahida Quami (MQM), ainsi que l’assistant d’un haut responsable de ce parti. Des fonctionnaires en civil l’ont arrêté chez lui à Karachi le 1er mai 2016 et l’ont remis aux Rangers, une force paramilitaire pakistanaise.

Le 3 mai 2016, la nouvelle de sa mort a émergé, de même que des photos choquantes montrant semble-t-il des blessures résultant d’actes de torture.

La déclaration du général de division Bilal Akber selon laquelle Aftab Ahmad a été torturé en détention contredit directement les affirmations précédentes des Rangers, qui ont dit qu’il avait succombé à une crise cardiaque.

On attend encore un rapport d’autopsie définitif. Un conseil médical a déclaré dans un premier temps qu’il ne pouvait réaliser d’autopsie en raison de l’« état » de son corps. Des membres du MQM affirment que des Rangers étaient présents lors de l’autopsie, ce qui, si cela est confirmé, est le signe d’une tentative d’ingérence dans le travail du conseil médical.

Amnesty International a connaissance de nombreuses allégations attribuant des violations des droits humains aux Rangers et à d’autres forces de sécurité de l’État, contre des employés de partis politiques et des militants en faveur des droits humains à Karachi et dans d’autres zones de la province du Sind.

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