Royaume-Uni, Amnesty appelle l’OTAN à balayer devant sa porte

Un sommet sous étroite surveillance est organisé à Watford les 3 et 4 décembre.

 Des éléments de plus en plus nombreux laissent penser que la Turquie et la coalition dirigée par les États-Unis ont probablement commis des crimes de guerre en Syrie.
 
«  L’OTAN se soucie-t-elle des civils assiégés dans le nord de la Syrie ? » - Kristyan Benedict
 
Amnesty International attire l’attention des dirigeants mondiaux participant au sommet de l’OTAN organisé la semaine prochaine au Royaume-Uni sur le fait que l’alliance militaire doit « balayer devant sa porte » au vu des éléments de plus en plus nombreux laissant penser que la Turquie et la coalition dirigée par les États-Unis (aux côtés du Royaume-Uni et de la France) sont probablement responsables de crimes de guerre en Syrie.
 
Le sommet qui se tiendra sur deux jours [1] (mardi 3 et mercredi 4 décembre) dans la campagne du Hertfordshire près de Watford et s’inscrit dans les célébrations du 70e anniversaire de l’OTAN devrait se concentrer sur le financement, la cybersécurité et les menaces posées par le terrorisme.
 
Cependant, Amnesty International appelle les représentants de l’OTAN à se pencher sur les multiples éléments montrant que les forces militaires de la Turquie et de la coalition dirigée par les États-Unis (à laquelle participent les armées britannique et française) ont mené de nombreuses attaques aveugles et disproportionnées qui ont tué des centaines de civils en Syrie.
 

En octobre, l’organisation de défense des droits humains a révélé que l’armée turque et les groupes armés qui sont ses alliés en Syrie avaient procédé à des attaques sans discernement contre des zones d’habitation dans le nord-est du pays. Auparavant, des informations émanant de l’offensive militaire turque ont établi le bilan civil à plus de 200 morts, tandis qu’ont circulé des vidéos glaçantes et d’autres documents montrant l’exécution sommaire de civils et de combattants capturés par des forces alliées à la Turquie. Un certain nombre de civils ont également été tués en Turquie lors d’attaques aveugles lancées depuis le nord-est de la Syrie par des groupes armés kurdes.
 
Parallèlement, les informations publiées plus tôt cette année par Amnesty International et Airwars indiquent qu’au moins 1 600 civils ont été tués pendant les bombardements aériens et les tirs d’artillerie de la coalition dirigée par les États-Unis qui ont duré quatre mois dans la ville syrienne de Raqqa en 2017. La campagne militaire menée par la coalition, dont l’OTAN fait partie, visant à chasser l’État islamique de Raqqa a été l’une des plus destructrices de l’histoire de la guerre moderne, 80 % de la surface de la ville ayant été détruite ou endommagée.
 
Alors qu’Amnesty International a passé plus de deux mois à Raqqa pour enquêter sur l’impact des frappes de la coalition sur les habitants de la ville, la coalition elle-même refuse de mener une telle enquête de terrain et réfute systématiquement les conclusions d’Amnesty International.
 

Kristyan Benedict, responsable des campagnes sur les situations de crise à Amnesty International Royaume-Unis, a déclaré :
 
« L’OTAN doit balayer devant sa porte en ce qui concerne les éléments de plus en plus nombreux laissant penser que ses États membres ont commis des crimes de guerre en Syrie.
 
« Si les campagnes de bombardements aveugles et disproportionnés de la Turquie et de la coalition dirigée par les États-Unis en Syrie sont passées sous silence par les membres de l’OTAN, alors qu’en est-il du respect de cette dernière pour le droit international humanitaire ?
 
« Nous avons une question simple : l’OTAN se soucie-t-elle des civils assiégés dans le nord de la Syrie ? Si oui, que dit l’OTAN du mépris honteux de ses propres membres à l’égard des droits humains et de l’état de droit en Syrie ?
 »

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