Russie : les autorités doivent faire cesser les mauvais traitements infligés à des manifestants pacifiques Par John Dalhuisen, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International

Les autorités russes doivent mettre un terme aux mauvais traitements infligés par la police aux participants des manifestations post-électorales, aux journalistes et aux détenus, avant les prochaines manifestations prévues par l’opposition, a déclaré Amnesty International mercredi 7 décembre.

Plus de 1 000 personnes, dont des journalistes, auraient été arrêtées à la suite de manifestations visant à protester contre la manipulation des votes lors des élections parlementaires du 4 décembre. Les chiffres varient mais, bien que beaucoup aient été libérées en attendant d’être déférées à la justice, plus de 100 personnes pourraient encore être en détention.

Amnesty International a reçu de nombreuses informations faisant état de mauvais traitements infligés à des détenus, de passages à tabac de manifestants pacifiques par la police, de privation de soins médicaux et d’audiences à huis clos.

Alors que de nouvelles manifestations sont prévues, l’organisation appelle les autorités russes à contrôler la police et à respecter le droit de manifester pacifiquement.

«  L’ampleur des arrestations n’est en aucun cas justifiée », a déclaré John Dalhuisen, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International. « Nous craignons que la police russe ne soit tout simplement en train d’écraser les manifestations d’opposition, aussi pacifiques soient-elles. »

« Les manifestations pacifiques spontanées en réponse à une importante évolution de la situation politique sont clairement admises par le droit international relatif aux droits humains. Les manifestations que nous avons pu voir dans toute la Russie ces derniers jours entrent dans ce cadre. »

« Des manifestants de l’opposition ont été arrêtés uniquement pour avoir crié “Liberté” ou “Nous avons besoin d’une nouvelle Russie”, et maintenant nombre de ces personnes sont détenues dans des conditions ne respectant pas les normes les plus élémentaires en matière de traitement des détenus », a ajouté John Dalhuisen.

« Ces personnes sont des prisonniers d’opinion et doivent être libérées immédiatement. »

Plusieurs cas d’agressions par la police contre des journalistes clairement identifiés comme tels, notamment Alexandre Tchernykh, du quotidien Kommersant, ont été recensés. Alexandre Tchernykh, qui se trouvait à Moscou le 4 décembre, a expliqué que des policiers l’ont jeté à terre, lui ont sauté dessus et lui ont administré des coups de pied après qu’il eut montré sa carte de presse.

Le même jour, à Saint-Pétersbourg, Olga Kournossova, membre de l’opposition, a été emmenée à l’hôpital après avoir été appréhendée par la police.

« Nous aimerions aussi savoir pourquoi des manifestants de l’opposition sont arrêtés en masse, alors que ceux en faveur du gouvernement, qui s’étaient rassemblés aux mêmes endroits, n’ont pas été inquiétés », a déclaré John Dalhuisen.

Des amis et des proches de certains détenus ont contacté massivement Amnesty International pour signaler de nombreuses violations, comme le fait que la police prive les manifestants en détention de nourriture et ne leur fasse pas passer les denrées alimentaires apportées par des proches.

Selon certaines informations, une centaine de personnes auraient déjà été jugées. Plusieurs auraient été condamnées à des peines de détention administrative, d’autres à des amendes.

Les autorités russes auraient imposé des restrictions telles que l’huis clos pour les audiences dans au moins un tribunal de Moscou. Amnesty International a cherché à obtenir une explication pour cette suspension des normes relatives à l’équité des procès et s’est entendu dire par le représentant du tribunal : « Je pense que c’est une mesure visant à garantir le bon fonctionnement du tribunal. »

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