Russie, Le prisonnier d’opinion Ian Sidorov confronté à de nouvelles restrictions

Russie Ian Sidorov

Le militant en faveur des droits humains russe Ian Sidorov est confronté à la perspective de passer trois ans de mise à l’épreuve dans des conditions difficiles, lorsqu’il sera libéré début novembre de la colonie pénitentiaire où il a passé ces deux dernières années.

Ian Sidorov est un prisonnier d’opinion, dont la tentative d’organisation d’une manifestation pacifique en 2017 s’est soldée par un emprisonnement dans une colonie pénitentiaire de Dimitrovgrad après deux ans de détention provisoire. Sa libération est prévue pour le 3 novembre, mais le 29 octobre le tribunal municipal de Dimitrovgrad examinera une demande de la part des autorités d’imposer une période de mise à l’épreuve aux conditions particulièrement sévères.

« Les autorités russes envoient un signal clair à tous les jeunes militant·e·s pour leur faire comprendre que la participation à une manifestation pacifique peut avoir un coût personnel extrêmement élevé. Ian Sidorov a déjà passé quatre ans en prison, il risque désormais de passer trois années supplémentaires sous une surveillance policière stricte, avec l’interdiction de sortir après 22 heures et de quitter la région de Krasnodar », a déclaré Natalia Zviaguina, directrice du bureau de Moscou d’Amnesty International.

« Ian Sidorov n’a rien fait d’autre qu’exercer ses droits à la liberté d’expression et de rassemblement pacifique, et cette campagne de punitions scandaleuse doit cesser »

« Les autorités pénitentiaires russes doivent immédiatement abandonner leur demande visant à imposer des restrictions supplémentaires arbitraires à Ian Sidorov et le libérer sans conditions. Ian Sidorov n’a rien fait d’autre qu’exercer ses droits à la liberté d’expression et de rassemblement pacifique, et cette campagne de punitions scandaleuse doit cesser. »

Complément d’information

Deux semaines avant la libération d’Ian Sidorov de la colonie pénitentiaire IK-10 à Dimitrovgrad, dans le centre de la Russie, l’administration pénitentiaire a demandé au tribunal de lui imposer une période de mise à l’épreuve de trois ans. Les conditions comprennent un enregistrement bihebdomadaire au poste de police local et un couvre-feu entre 22 heures et 6 heures. Ian Sidorov aurait également l’interdiction de quitter sa région natale de Krasnodar, et d’assister ou de participer à tout événement de grande ampleur.

Le tribunal municipal de Dimitrovgrad examinera l’affaire le 29 octobre. Le 15 octobre, les autorités de la colonie pénitentiaire ont accusé Ian Sidorov d’avoir violé le règlement du régime carcéral, au motif qu’il n’aurait pas participé à l’exercice physique du matin, et l’ont placé en cellule disciplinaire pour sept jours.

« Les autorités russes envoient un signal clair à tous les jeunes militant·e·s pour leur faire comprendre que la participation à une manifestation pacifique peut avoir un coût personnel extrêmement élevé »

En octobre 2019, Ian Sidorov et son ami Vladislav Mordassov, qui ont passé près de deux ans en détention provisoire, ont été reconnus coupables de « tentative d’organisation de troubles de masse » et condamnés chacun à plus de six ans de détention pour avoir organisé une manifestation pacifique en novembre 2017.

La manifestation était en soutien aux dizaines d’habitant·e·s de Rostov-sur-le-Don, dans le sud de la Russie, qui avaient perdu leur logement dans des incendies de grande ampleur. Leurs sentences ont par la suite été réduites à quatre ans en cassation. Vladislav Mordassov, qui purge sa peine dans la colonie pénitentiaire IK-9 à Chakhty (dans la région de Rostov-sur-le-Don) doit également être libéré le 3 novembre.

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