Communiqué de presse

Russie. Un autre écologiste est placé en détention tandis que son ONG est forcée d’annuler le lancement d’un rapport sur Sotchi

L’arrestation, mardi 4 février, d’un nouveau militant écologiste dans la région de Krasnodar (Russie), où les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi s’ouvriront vendredi 7 février, ainsi que son bref passage en détention pendant la nuit de lundi 3 février, ne font que confirmer la multiplication des manœuvres visant à faire taire la société civile avant les JO, a déclaré Amnesty International.

Igor Khartchenko, de l’organisation non gouvernementale russe Surveillance environnementale pour le Caucase du Nord, est actuellement en garde à vue à Krasnodar, la capitale régionale, où lui-même et ses collègues étaient arrivés en amont du relais de la flamme olympique. Il a été appréhendé mardi 4 février au prétexte que sa voiture avait été « impliquée dans un crime », peu après que trois hommes masqués aient fracassé les pare-brises avant et arrière du véhicule.

« À quelques jours de l’ouverture officielle des Jeux olympiques d’hiver de Sotchi, les autorités russes utilisent tous les stratagèmes possibles et imaginables pour étouffer la liberté d’expression et réduire au silence les voix dissidentes », a déclaré Sergueï Nikitine, directeur du bureau d’Amnesty International à Moscou.

Igor Khartchenko est également l’un des six militants de Surveillance environnementale qui avaient été placés en détention plusieurs heures à Krasnodar lundi 3 février avant d’être remis en liberté. Ils se sont sentis obligés d’abandonner leur projet de lancement depuis Sotchi d’un rapport dénonçant les dégâts environnementaux causés par les travaux de construction effectués en vue des JO.

Ils ont été appréhendés le même jour qu’un autre environnementaliste, Evgueni Vitichko, arrêté à Touapsé (région de Krasnodar) avant d’être condamné à 15 jours de détention administrative pour avoir prétendument juré en public.

« Ces actes de harcèlement visant des militants de la société civile n’annoncent rien de bon pour les semaines à venir, et attisent la crainte que les droits humains ne soient pas respectés pendant les JO de Sotchi. Et le sort qui sera réservé aux militants russes une fois les médailles remises et l’attention internationale focalisée sur autre chose nous inspire encore plus d’inquiétudes », a déclaré Sergueï Nikitine.

« Réduire la société civile au silence ne fait rien pour renforcer la sécurité autour des JO de Sotchi et montre plutôt au monde que les autorités russes échouent misérablement dans leur tâche consistant à faire respecter et à protéger les normes internationales en matière de droits humains. »

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