RUSSIE. Un scientifique russe pourrait être contraint à l’exil

ÉFAI - 8 juillet 2010
Index AI : PRE01/229/2010

Amnesty International a déclaré que tout accord concernant la libération du scientifique nucléaire Igor Soutiagine qui lui imposerait de quitter la Russie contre son gré constituerait un exil forcé, ce que prohibe le droit international.

Igor Soutiagine serait conduit au Royaume-Uni, en compagnie de plusieurs personnes reconnues coupables d’espionnage en Russie qui sont échangées contre 10 ou 11 personnes que les États-Unis soupçonnent d’être des espions russes.

« Si Igor Soutiagine s’oppose à cet " accord " et est contraint de l’accepter sous la pression, cela peut constituer un exil forcé, a indiqué Nicola Duckworth, directrice du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

« En outre, il n’aura plus la possibilité de prouver son innocence quant aux inculpations pour lesquelles il a été déclaré coupable, lors d’un nouveau procès conforme aux normes internationales d’équité. Il sera également privé de contacts avec sa famille et ses amis. »

La mère d’Igor Soutiagine a affirmé à Amnesty International qu’il était hostile à cet accord mais avait été contraint de l’accepter.

« Il sait qu’en signant des aveux de culpabilité, il perd toutes ses chances de voir son affaire jugée dans le cadre d’un procès équitable, notamment dans le cadre d’une audience en instance devant la Cour européenne des droits de l’homme. C’est pourquoi il m’a demandé de dire à tous qu’il est innocent. Il a dû signer ces " aveux " car il n’avait pas d’autre choix. Pour lui, cet échange est en fait une manière de l’expulser du pays », a expliqué Svetlana Soutiagina.

Son affaire a été exposée par Amnesty International en 2004 en lien avec des préoccupations relatives à la liberté d’expression et l’équité des procès.

Igor Soutiagine a recueilli des informations sur des questions militaires et de défense en Russie, alors qu’il travaillait comme consultant privé pour le cabinet de conseil Alternative Futures basé au Royaume-Uni. Déclaré coupable en 2004 de « haute trahison sous forme d’espionnage », il a été condamné à une peine de 15 ans d’emprisonnement dans une colonie pénitentiaire de haute sécurité.

Il a toujours fait valoir qu’il n’avait utilisé que des sources publiques et a toujours clamé son innocence pour les chefs d’inculpation d’espionnage et de divulgation de secrets d’État.

L’affaire concernant Igor Soutiagine a été intentée par le Service fédéral de sécurité russe (FSB).

Selon Amnesty International, cette affaire a obéi à des motivations politiques, s’inscrivant dans une vague de répression de la liberté d’expression en Russie qui s’est intensifiée ces dernières années pour toucher des personnalités universitaires et culturelles, ainsi que des groupes religieux.

La procédure intentée contre Igor Soutiagine a été entachée de violations des normes internationales d’équité des procès. Amnesty International demande qu’il soit rejugé dans les meilleurs délais.

Depuis plusieurs années, Amnesty International fait part de ses préoccupations quant à la restriction de l’espace dédié à l’expression d’opinions dissidentes et au travail des médias indépendants et des organisations non gouvernementales (ONG) indépendantes en Fédération de Russie.

L’organisation est préoccupée par les nouvelles atteintes au droit à la liberté d’expression en Russie.

Voir également :
Joint statement on the case of Igor Sutiagin, juin 2004.

Document public
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Pour obtenir de plus amples informations, veuillez prendre contact avec le Service de presse d’Amnesty International à Londres, au Royaume-Uni ; tél. : +44 20 7413 5566 ; courriel : press@amnesty.org

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