RWANDA : Conclusions préliminaires de la mission de haut niveau d’Amnesty International

Index AI : AFR 47/016/2003
ÉFAI

Vendredi 17 octobre 2003

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

S’exprimant depuis Kigali, la secrétaire générale d’Amnesty International,
Irene Khan, a instamment prié le président Paul Kagamé d’user de l’influence
du Rwanda pour faire cesser les atteintes aux droits humains perpétrées par
des groupes armés dans l’est de la République démocratique du Congo.

« La récente entrée en fonction d’un gouvernement de transition à Kinshasa a
donné au monde l’impression erronée que la paix était en marche, mais en
réalité, la population de l’est de la République démocratique du Congo
continue d’être victime d’atrocités, et notamment d’exécutions sommaires,
d’actes de torture, de viols, de « disparitions » et de déplacements forcés
 », a déclaré Irene Khan à l’issue de la première étape de la tournée de la
mission de haut niveau au Rwanda, en Ouganda et en République démocratique
du Congo. « Les cas d’enrôlement et d’utilisation d’enfants soldats, ainsi
que les violences sexuelles contre les femmes, semblent en outre en
augmentation. »

Amnesty International a pris note de la déclaration de soutien du président
Kagamé en faveur du gouvernement de transition de Kinshasa, désigné comme le
seul interlocuteur légitime sur toutes les questions concernant la
République démocratique du Congo. Néanmoins, étant donné l’influence que
continuent d’exercer dans l’est de ce pays les États voisins, et notamment
le Rwanda, ainsi que les intérêts que ceux-ci y conservent, Amnesty
International prie instamment les gouvernements de ces États, de même que le
gouvernement de transition, de faire pression de toutes leurs forces sur les
groupes armés pour qu’ils mettent un terme aux atteintes aux droits humains.

Lors d’entretiens avec le président Paul Kagamé et plusieurs de ses
ministres, Irene Khan et les membres de la délégation ont demandé au Rwanda
d’assumer un rôle moteur, à l’échelle de la région, en faveur de la
promotion des droits humains et du droit international humanitaire, pour en
finir avec le problème de l’impunité dont jouissent les membres de l’armée
rwandaise responsables de violations des droits humains dans l’est de la
République démocratique du Congo et pour faire respecter l’embargo sur les
armes à destination de cette zone décrété par les Nations unies. Irene Khan
a pris acte de la déclaration du gouvernement, selon laquelle des
investigations seraient en cours concernant l’implication présumée d’agents
de l’État dans l’exploitation des ressources naturelles de l’est de la
République démocratique du Congo, demandant à ce que les conclusions de
l’enquête soient rendues publiques.

La délégation s’est rendue à Goma, dans l’est de la République démocratique
du Congo, où elle a rencontré des défenseurs des droits humains, des
personnes ayant survécu à des atrocités, le gouverneur de la province du
Nord-Kivu et des représentants de l’ONU et de la Mission de l’ONU pour le
Congo (MONUC).

Outre le président Paul Kagamé et ses principaux ministres, Irene Khan et
les membres de la délégation ont rencontré à Kigali des représentants de la
société civile, de l’appareil judiciaire et de diverses institutions
nationales et organisations internationales.

Concernant la situation au Rwanda en matière de droits humains, la
secrétaire générale d’Amnesty International a reconnu les efforts déployés
par les autorités rwandaises pour légiférer dans le sens d’une réforme
judiciaire. « La question est cependant de savoir si ces mesures seront
effectivement appliquées », a-t-elle souligné.

« Nous avons eu des échanges ouverts et francs avec les autorités sur toute
une série de questions, notamment sur la nécessité d’en finir avec
l’impunité des membres des forces de sécurité soupçonnés de violations des
droits humains et sur les restrictions qui pèsent sur les libertés
d’expression et de rassemblement non violent », a ajouté Irene Khan, avant
de conclure : « Nous espérons poursuivre ce dialogue constructif avec le
gouvernement rwandais sur ces questions. La récente prise de fonction d’un
nouveau gouvernement élu constitue une chance réelle d’évolution dans la
bonne direction. »

Contexte

Cette visite au Rwanda constituait la première étape d’une tournée de dix
jours, qui devrait conduire la mission de haut niveau à Goma, Kigali, Bunia,
Kampala et Kinshasa. La secrétaire générale d’Amnesty International et les
membres de la délégation quittent aujourd’hui Kigali pour Kampala, capitale
de l’Ouganda, avec la volonté de poursuivre leur action de lobbying auprès
des dirigeants de la région, pour que cessent les atrocités commises non
seulement dans l’est de la République démocratique du Congo, mais également
dans toute cette partie de l’Afrique. La délégation abordera également avec
le gouvernement ougandais la question de la situation en matière de droits
humains en Ouganda.

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