RWANDA : Le gouvernement doit honorer ses engagements et respecter la liberté de la presse

Index AI : AFR 47/015/2004
ÉFAI

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Amnesty International demande instamment au gouvernement du Rwanda de faire
son maximum pour encourager l’indépendance de la presse et de s’abstenir de
toute ingérence dans les décisions de justice en se servant de la loi pour
réprimer les activités journalistiques.

Charles Kabonero, vingt-quatre ans, directeur de publication du principal
hebdomadaire indépendant rwandais, Umuseso, actuellement sous le feu des
critiques, attend le verdict dans le procès que lui a intenté Denis Polisi,
vice-président de la Chambre des députés. Le procureur du district a requis
une peine de quatre ans d’emprisonnement et une amende de 300 000 francs
rwandais (environ € 540). Les avocats de Denis Polisi ont réclamé 50 000 000
de francs rwandais (environ € 90 090) de dommages et intérêts. Le verdict
est attendu mardi 23 novembre 2004.

Charles Kabonero a comparu le 16 novembre, inculpé de « divisionnisme » et
diffamation, principalement pour avoir écrit un article, paru début août
2004, sur les ambitions politiques supposées de Denis Polisi. Une
condamnation à verser des dommages et intérêts de 50 000 000 de francs
rwandais équivaudrait de fait à une fermeture du journal indépendant.

Le mercredi 10 novembre, deux autres journalistes avaient été placés en
détention : Patrice Nsengiyumva, directeur de la Maison de la Presse et
Bonaventure Bizimuremyi, rédacteur en chef du journal indépendant Umucyo.
Ils ont été présentés à un magistrat au bout d’une semaine, soit bien après
les 72 heures prévues par la loi. Ils ont été détenus au secret, mais ont
finalement pu voir leurs avocats et des membres de leurs familles. Ils ont
été remis en liberté provisoire le 18 novembre, l’enquête judiciaire se
poursuit.

La commission rwandaise de réforme des lois déclarait, en juin 2003, qu’elle
s’engageait à renforcer l’indépendance de la justice « base d’une paix et
d’un développement durables au Rwanda ». Amnesty International recommande
aux juges et magistrats qui luttent pour résister aux pressions politiques
et à la tentation de la corruption de faire respecter les règles du droit.

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