Communiqué de presse

SADC. Le président Khama doit agir face au cycle d’atteintes aux droits humains

Le président du Botswana, Ian Khama, doit profiter de son mandat et de ses fonctions de direction en tant que président de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) pour donner la priorité à la recherche de solutions à la crise des droits humains dans la région, a déclaré Amnesty International.

Alors qu’il prend la relève du président Mugabe à ce poste à partir du 17 août, le président Khama doit s’atteler à des questions particulièrement urgentes, et notamment à la répression de l’opposition qui a lieu actuellement en Angola ainsi qu’aux actes de torture et aux homicides dont ont été victimes des policiers et soldats accusés d’avoir pris la tête d’une mutinerie au Lesotho.

« La situation est inquiétante dans de nombreux pays de la région de la SADC, où l’espace accordé aux droits humains se réduit. Nous constatons également que les défenseurs des droits humains sont pris pour cibles et persécutés  », a déclaré Deprose Muchena, directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique australe.

« En tant que dirigeant de la SACD, le président Ian Khama doit collaborer avec les autres dirigeants de la région pour essayer de trouver des solutions durables à la crise des droits humains pendant son mandat. »

Angola
En Angola, la police réprime de plus en plus ceux qui dénoncent les restrictions de la liberté de réunion, d’association et d’expression et l’absence d’obligation de rendre des comptes dans le pays.

Le 21 juin 2015, au moins 15 militants ont été arrêtés à Luanda alors qu’ils assistaient à une réunion sur les questions de violations des droits humains et les problèmes de gouvernance.

Lesotho
Au Lesotho, une tentative de coup d’État militaire en août 2014 a donné lieu à la mort d’agents de police ainsi qu’à des attaques contre les domiciles de représentants du gouvernement, menaçant le climat des droits humains dans le pays.

L’ancien commandant militaire Maaparankoe Mahau a été tué le 25 juin 2015, probablement par des membres des Forces de défense du Lesotho.

Swaziland
Au Swaziland, les autorités n’hésitent pas à recourir à la Loi de 2008 relative à la répression du terrorisme et à la Loi de 1938 relative à la sédition et aux activités subversives pour intimider les militants, renforcer leur exclusion politique et restreindre l’exercice des droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. Quatorze personnes sont actuellement inculpées aux termes de ces lois dans le cadre de cinq procédures différentes.

Zambie
La Zambie doit ériger la torture en infraction et abroger la Loi relative à l’ordre public, qui est utilisée pour limiter la liberté d’expression dans le pays.

Zimbabwe
Le Zimbabwe n’a pas mis ses lois en conformité avec la Constitution de 2013, ce qui permet à la police de recourir à ses anciennes méthodes pour intimider les manifestants.

Des manifestants pacifiques ont été roués de coups par la police et on ignore toujours où se trouve Itai Dzamara, un journaliste connu pour ses critiques à l’égard du président Robert Mugabe, depuis sa disparition le 9 mars 2015.

« Le président Ian Khama doit utiliser ses nouvelles fonctions de président de la SADC pour faire pression sur les dirigeants de pays où les atteintes aux droits humains sont monnaie courante afin qu’ils se conforment, en paroles mais aussi en actes, à l’engagement de la SADC en faveur des droits humains », a déclaré Deprose Muchena.

« Il doit les encourager à respecter les droits humains à l’intérieur de leurs frontières et à exhorter les autres dirigeants de la SADC à faire en sorte que les États membres qui ne respectent pas les droits humains soient pleinement tenus de rendre des comptes. »

Alors que les atteintes aux droits humains augmentent dans toute la région, Amnesty International lance un appel en faveur du rétablissement du tribunal de la SADC, qui a été suspendu, pour qu’il fonctionne pleinement, de manière efficace et indépendante. Ce tribunal permettait aux personnes et aux représentants légaux des victimes d’atteintes aux droits humains d’accéder à des voies de recours et d’obtenir justice.

Les chefs d’État de la SADC ont suspendu le tribunal en août 2014, sans aucune consultation et sans fournir de justification.

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