SENEGAL. Amnesty International répond aux allégations des avocats de Hissène Habré

Index AI : AFR 49/002/2010 - 22 juin 2010

Le Secrétariat international d’Amnesty International et Amnesty International Sénégal tiennent à réagir face aux graves accusations dont a fait l’objet Me Demba Ciré Bathily, ancien président d’Amnesty International Sénégal.

Ces allégations ont été d’abord véhiculées par un blog d’information tchadien puis ont été reprises par deux avocats de Hissène Habré. Ceux-ci ont adressé un courrier au secrétaire général d’Amnesty International et ont fait publier, sans attendre la réponse d’Amnesty International, un communiqué de presse dans le quotidien sénégalais Walf Fadjiri le 17 juin dernier.

Ces allégations font état de versements de fonds importants qui auraient été remis par le consul du Tchad à Dakar à Me Bathily, qui est un des avocats des victimes tchadiennes ayant déposé plainte contre Hissène Habré au Sénégal.

Amnesty International tient à préciser que ces allégations ne sont en aucune manière fondées. Me Bathily n’a jamais eu de contact direct ou indirect, officiel ou officieux, avec une quelconque autorité tchadienne. Cette information a été confirmée par le Consul du Tchad au Sénégal, M. Salah Mahmoud, qui a affirmé n’avoir jamais rencontré Me Bathily et ne jamais lui avoir remis de l’argent.

Il est tout à fait regrettable que les avocats de Hissène Habré aient repris à leur compte des informations qui visent ostensiblement à attenter à l’honneur et à l’intégrité de leur confrère, Me Bathily, et à jeter le discrédit sur notre organisation.

Les avocats de Hissène Habré ont également exprimé leurs préoccupations quant à une éventuelle confusion des rôles entre l’affiliation de Me Bathily avec Amnesty International Sénégal et son rôle en tant qu’avocat pour les victimes de Hissène Habré.

L’organisation tient à préciser que, si Me Bathily est effectivement membre d’Amnesty International, il est toujours intervenu dans le dossier Habré uniquement en tant qu’avocat des victimes de l’administration de l’ancien président tchadien, et non en tant que représentant d’Amnesty International.

À cet égard, il convient de rappeler que les principes de notre organisation prévoient qu’en aucun cas un avocat ne peut représenter des victimes au nom d’Amnesty International lors d’un procès relatif à des violations des droits humains. Notre organisation se borne en la matière à observer certains procès afin de vérifier s’ils respectent les normes internationales d’équité.

En ce qui concerne le procès de Hissène Habré, Amnesty International a régulièrement dénoncé les violations très graves commises sous l’administration de l’ancien président Hissène Habré et nous demandons que celui-ci soit jugé depuis 1993. Cette action s’inscrit dans notre lutte mondiale contre l’impunité et en faveur du droit à la justice et à la réparation pour les victimes de violations des droits humains.

Amnesty International milite, par conséquent, afin que Hissène Habré réponde, devant la justice sénégalaise, des actes qui lui sont reprochés, dans les délais les plus brefs possible dans le cadre d’un procès respectant les normes internationales d’équité.

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