Sénégal, les autorités doivent respecter le droit de réunion pacifique et la liberté de la presse

Un policier tire des balles en caoutchouc lors d'affrontements avec des manifestants à Dakar le 5 mars 2021

Amnesty International a réagi aux manifestations qui ont eu lieu à Dakar le 4 février.

"Après les manifestations qui ont éclaté à Dakar dimanche 4 février, à la suite de la suspension du processus électoral devant mener aux présidentielles, Amnesty International appelle les autorités et les forces de sécurité à respecter et à protéger le droit de réunion pacifique et à s’abstenir de recourir à un usage excessif de la force, a déclaré Samira Daoud, directrice du bureau régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

La suspension brutale par le gouvernement de l’accès à Internet via les données mobiles et de la diffusion de Walf TV, ainsi que la révocation de la licence de cette chaine privée, constituent une atteinte flagrante à la liberté d’expression, et aux droits de la presse protégés par la Constitution du Sénégal et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. Les autorités sénégalaises doivent de toute urgence protéger et faire respecter le droit à l’information des populations.

"Les autorités doivent également veiller à ce que les manifestants et les personnalités de l’opposition politique ne soient pas arrêtés arbitrairement lors des manifestations."

Contexte

Le 3 février, le président Macky Sall a annoncé la suspension du processus électoral devant mener aux présidentielles, initialement prévues pour le 25 février 2024. L’opposition politique a rejeté la suspension des prochaines élections présidentielles et a appelé à des manifestations.

Les 4 et 5 février, des manifestations ont eu lieu près du cimetière Saint-Lazare, de Liberté VI et du centre-ville de Dakar. La police a dispersé le rassemblement en tirant des gaz lacrymogènes.

Aminata Touré et Anta Babacar Ngom, deux figures de l’opposition présentes lors des manifestations, ont été arrêtées et détenues pendant plusieurs heures par la gendarmerie.

Le Sénégal est tenu de respecter le droit à la liberté d’expression, y compris le droit à l’information, et le droit de réunion pacifique en vertu des articles 9 et 11 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, ainsi que des articles 19 et 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Entre mars 2021 et août 2023, au moins 56 personnes ont été tuées par la police et la gendarmerie sénégalaises lors de manifestations. À ce jour, personne n’a été poursuivi pour ces décès.

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