Communiqué de presse

Serbie. Les actes d’intimidation et les menaces visant des journalistes doivent cesser

Amnesty International est extrêmement préoccupée par les menaces croissantes qui pèsent sur la liberté d’expression en Serbie. L’organisation demande aux autorités serbes de prendre des mesures urgentes pour garantir la protection de tous les journalistes visés par des actes d’intimidation et des menaces. Elle prie aussi instamment les pouvoirs publics d’ouvrir sans délai une enquête impartiale et efficace afin que les responsables présumés de ces agissements soient déférés à la justice.

Le 14 janvier 2013, des menaces de mort visant Aleksandar Rodi ?, le propriétaire et rédacteur en chef du journal Kurir, dont le siège est à Belgrade, ont été envoyées au quotidien. Le même jour, on a aussi menacé de faire exploser les locaux de la rédaction. L’enquête policière sur ces faits est en cours.

De la même manière, Dinko Gruhonji ?, président de l’Association des journalistes indépendants de Voïvodine (Nezavisno Drustvo Novinara Vojvodine - NDNV) a été la cible, les 9, 10 et 25 janvier, de nombreux messages d’intimidation, y compris des menaces de mort, publiés sur différents sites de médias sociaux, notamment sur le blog de l’association. Parmi les messages publiés on pouvait lire : « tu mérites une exécution sommaire », « tu seras renvoyé dans ton pays d’origine » ainsi que
de nombreux autres messages d’intimidation ou hostiles.

En outre, la campagne permanente visant Dinko Gruhonji ? semble motivée par son origine ethnique, car il est souvent désigné par les termes « balija » (terme péjoratif utilisé pour décrire les hommes de confession musulmane) et « ustaša » (terme utilisé pour désigner, dans un contexte généralement
dépréciateur, les personnes appartenant au mouvement politique et nationaliste croate dominant durant la Seconde guerre mondiale). Toutefois, Dinko Gruhonji ? a des ascendants d’origines ethniques diverses et ces termes servent à le dépeindre comme anti-Serbe plutôt qu’à refléter sa
véritable appartenance ethnique et/ou religieuse.

Avant ces derniers événements, Dinko Gruhonji ? et sa famille, y compris ses enfants, avaient déjà été menacés de mort en 2007 par une organisation néonazie qui a depuis été interdite en Serbie. À l’époque, Dinko Gruhonji ? avait obtenu une protection policière pour deux semaines.

Dinko Gruhonji ? et NDNV ont signalé les derniers faits en date directement au ministre de l’Intérieur, également Premier ministre de Serbie, et à plusieurs autres hauts responsables du gouvernement.

Dinko Gruhonji ? a cependant fait part de sa déception : «  Bien que les menaces lancées cette fois soient à peu près les mêmes qu’en 2007, je n’ai pas encore reçu de réponse officielle de la part des autorités nationales et, à ma connaissance, aucune enquête n’a été ouverte à ce propos. Les autorités locales et régionales ont en revanche promis de m’aider. »

Amnesty International considère les actes d’intimidation et les menaces contre les journalistes en Serbie comme des atteintes à la liberté d’expression et rappelle au gouvernement serbe qu’il est tenu, en vertu du droit international, de protéger cette liberté. Les mêmes préoccupations ont été récemment exprimées par d’autres organisations, nationales et internationales.

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