Sévère intolérance des autorités face à la liberté d’expression

La condamnation de quatre activistes ce jeudi 14 avril constitue une grave violation du droit à la liberté d’expression, d’association et de manifestation pacifique au Tchad, a déclaré Amnesty International aujourd’hui.

Le tribunal de grande instance de N’djaména a rendu son verdict jeudi matin condamnant à 4 mois de prison avec sursis Mahamat Nour Ibedou, Younous Mahadjir, Nadjo Kaina Palmer et Celine Narmadji, des figures de la société civile qui voulaient organiser une série de manifestations pacifiques contre la candidature à un cinquième mandat du président Idriss Déby. Le tribunal leur a également interdit de « se livrer à des activités subversives  ».

« Ce verdict est l’illustration d’une sévère intolérance des autorités face à l’exercice du droit à la liberté d’expression. Au Tchad, les acteurs de la société civile sont soumis à une terrible pression et doivent vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de leur tête, » a déclaré Samira Daoud, directrice régionale adjointe pour l’Afrique occidentale et centrale à Amnesty International.

« La répression généralisée exercée sur les voix dissidentes dans un contexte électoral difficile compromet l’exercice des droits humains de la population ».

Les quatre activistes ont été arrêtés entre le 21 et le 23 mars dernier. Leur procès a été ouvert le jeudi 7 avril sous une haute surveillance policière. Dans son réquisitoire, le Procureur avait retenu les charges de ‘provocation à un attroupement non-armé’, ‘tentative de trouble à l’ordre public’ et ‘désobéissance à une autorité légitime’. Dans leur verdict, les juges les ont reconnus coupables de ‘provocation d’un attroupement non-armé’. Leurs avocats ont immédiatement introduit un appel.

Outre les quatre activistes dont le jugement a été rendu ce jeudi, un cinquième est en détention depuis le 4 avril. Le Dr Albissaty Salhe Alazam a été inculpé pour ‘provocation à un attroupement non-armé’, ‘tentative de trouble à l’ordre public’ et ‘désobéissance à une autorité légitime’. Son procès initialement prévu pour le 11 avril, a été reporté au 18 avril.

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