Silence des autorités moscovites par rapport à la fermeture des bureaux d’Amnesty

Si la fermeture surprise le 2 novembre du bureau d’Amnesty International par les autorités de la ville de Moscou va gêner le travail quotidien, ses employés continueront de lutter contre les violations des droits humains commises en Russie et à l’étranger, a déclaré Amnesty International.

Les tentatives visant à résoudre la question se sont jusqu’à présent heurtées aux autorités municipales, qui ont affirmé à tort qu’Amnesty International avait des arriérés de loyer et ont résilié le bail de l’organisation, dans le cadre d’un abus de procédure.

«  Si les autorités ne souhaitent toujours pas résoudre ce problème, il nous faudra admettre que cela ressemble à une manœuvre délibérée visant à entraver notre travail de défense des droits fondamentaux en Russie. Il est de plus en plus difficile de ne pas voir cet événement à travers le prisme de la répression plus générale qui s’abat sur la société civile russe, a déclaré John Dalhuisen, directeur à Amnesty International pour l’Europe et l’Asie centrale.

« Nous allons chercher à connaître les véritables motifs de cette fermeture et tenter de résoudre le problème avec les autorités concernées, afin d’être en mesure de poursuivre notre travail essentiel et légitime. Ce n’est en rien facilité par le silence des autorités moscovites. »

Dans la matinée du 2 novembre, les membres du personnel du bureau d’Amnesty International à Moscou sont arrivés à leur bureau pour découvrir que les serrures avaient été changées, l’électricité coupée, et des scellés posés sur la porte accompagnés d’un avis des services fonciers de la municipalité de Moscou. L’organisation n’a pas été prévenue et n’a reçu aucune explication pour cette fermeture.

Plus tard dans la journée, les services fonciers de la ville – qui louent ces locaux à Amnesty International depuis plus de 20 ans – ont publié une déclaration à destination des journalistes, affirmant que l’organisation n’avait pas réglé son loyer.

Cette allégation est tout simplement fausse. Amnesty International a des documents qui prouvent que le loyer est à jour, y compris pour le mois d’octobre 2016. Un représentant de la section finances du Département de la propriété foncière de la municipalité de Moscou l’a reconnu oralement dans la matinée du 3 novembre, tout en déclarant qu’il ne pouvait pas le confirmer par écrit puisque l’organisation n’était plus officiellement locataire. Les tentatives visant à joindre de hauts responsables du Département sont restées vaines.

« Changer nos serrures et éteindre nos lumières est assurément un contretemps, mais nous ne nous laisserons pas intimider, réduire au silence, ni dissuader de défendre la cause des droits humains en Russie », a déclaré John Dalhuisen.

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