Singapour : Il faut empêcher l’exécution imminente d’H. Bin Mohd

Les autorités singapouriennes doivent renoncer immédiatement à exécuter un homme condamné à mort au titre des lois répressives relatives aux stupéfiants.

Les proches d’Hishamrudin Bin Mohd ont été informés cette semaine que son exécution était prévue pour vendredi 16 mars. Il avait été automatiquement condamné à mort pour détention de presque 35 grammes de diamorphine à des fins de trafic.

« Cette exécution doit être immédiatement annulée. Les autorités singapouriennes ont deux jours pour prendre la bonne décision et éviter que la cruelle législation relative aux stupéfiants ne coûte la vie à une personne de plus », a déclaré James Gomez, directeur régional pour l’Asie du Sud-Est et le Pacifique à Amnesty International.


« La peine de mort est toujours une violation des droits humains, mais les condamnations à mort automatiques rendent le recours à ce châtiment encore plus révoltant. Ces lois empêchent les tribunaux de tenir compte des circonstances de l’infraction commise et de la situation de l’accusé. »

Le recours à la peine de mort pour des infractions à la législation sur les stupéfiants et l’imposition automatique de la peine capitale bafouent le droit international et les normes internationales.

La cour d’appel examinera une ultime demande de sursis pour Hishamrudin Bin Mohd jeudi 15 mars.

« Hishamrudin Bin Mohd a exprimé de graves préoccupations quant aux éléments de preuve sur la base desquels il a été condamné ainsi qu’à l’équité de son procès et de son appel, et il continue de clamer son innocence. L’audience du 15 mars est la dernière chance d’empêcher son exécution, et il ne faut pas la rater  », a déclaré James Gomez.

« Le fait que, pas plus tard que la semaine dernière, Singapour a envoyé à la potence une autre personne condamnée à mort au titre de la législation sur les stupéfiants est très inquiétant. Singapour doit instaurer immédiatement un moratoire sur la peine de mort en vue de l’abolir définitivement. Ce châtiment cruel et irréversible n’a sa place dans aucune société, comme l’ont reconnu plus des deux tiers des pays du monde. »

Amnesty International s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances et sans aucune exception, indépendamment de la nature et des circonstances de l’infraction commise, de la situation du condamné, de sa culpabilité ou de son innocence, ou encore de la méthode utilisée pour procéder à l’exécution. À ce jour, 106 pays ont aboli la peine capitale pour toutes les infractions, et plus des deux tiers des pays du monde sont abolitionnistes en droit ou en pratique.

Complément d’information

Le 9 mars 2018, un ressortissant ghanéen condamné automatiquement à mort en juillet 2016 pour avoir importé 1 634,90 grammes de méthamphétamine a été exécuté.

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