Communiqué de presse

Singapour. La reprise des exécutions est un bond en arrière

Pour la première fois depuis 2011 des exécutions ont eu lieu à Singapour, ce qui représente un retour en arrière pour ce pays, ont déclaré vendredi 18 juillet 2014 Amnesty International et le Réseau asiatique contre la peine de mort (ADPAN).

Tang Hai Liang, 36 ans, et Foong Chee Peng, 48 ans, ont été exécutés ce jour dans le complexe pénitentiaire de Changi, à Singapour. En janvier et avril 2011, respectivement, ils avaient été condamnés à mort, seule peine prévue aux termes de la Loi relative à l’usage illicite de stupéfiants pour les infractions dont ils avaient été déclarés coupables.

« L’exécution par pendaison de Tang Hai Liang et Foong Chee Peng constitue un véritable bond en arrière pour les droits humains à Singapour », a déclaré Hazel Galang-Folli, chercheuse d’Amnesty International sur Singapour.

« Ce tournant à 180° est extrêmement décevant, car les autorités sont revenues sur le moratoire et n’ont pas profité du fait qu’aucune exécution n’avait eu lieu pendant les deux dernières années pour adopter d’autres réformes. »

Les crimes n’ayant pas provoqué la mort d’autrui, comme les infractions relatives aux stupéfiants, ne font pas partie des « crimes les plus graves » pour lesquels la peine capitale peut être imposée aux termes du droit international.

Le 14 novembre 2012, le parlement singapourien avait adopté des modifications à la législation et supprimé l’imposition obligatoire de ce châtiment dans certaines affaires de meurtre et de trafic de stupéfiants. Après certaines modifications législatives, au moins neuf personnes ont bénéficié d’une révision de leur condamnation à mort, celle-ci ayant été commuée en réclusion et bastonnade.

Le gouvernement de Singapour a déclaré que les deux hommes excécutés le 18 juillet avaient renoncé au droit de révision de leur peine auquel ils pouvaient prétendre depuis la modification de la loi.

« Il a été demandé que la validité de l’article 33B de la Loi relative à l’usage illicite de stupéfiants soit vérifiée, mais les exécutions ont eu lieu malgré tout. Un examen de la loi aurait peut-être pu sauver la vie des prisonniers qui, comme Tai Hai Liang et Foong Chee Peng, ont été impérativement condamnés à mort en vertu de cette loi. Nous dénonçons le recours à la peine de mort car elle a privé ces hommes de leur droit à la vie », a déclaré Ngeow Chow Ying, secrétaire d’ADPAN.

À la fin de 2013, Singapour comptait au moins 26 condamnés à mort.

Avec la reprise des exécutions, ce 18 juillet 2014, Singapour va à l’encontre de la tendance mondiale qui est de ne plus appliquer la peine capitale, plus des deux tiers de tous les pays l’ayant déjà abolie en droit ou en pratique. .

Sur les 41 États que compte la région Asie-Pacifique, 17 ont aboli la peine capitale pour tous les crimes, 10 sont abolitionnistes en pratique et un seul – Fidji – recourt à ce châtiment uniquement pour des crimes militaires exceptionnels.

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