Slovaquie, marche de solidarité après le meurtre de deux personnes LGBTI à Bratislava

Slovaquie, une marche de solidarité après le meurtre de deux personnes LGBTI

Après le meurtre brutal de deux personnes devant un bar LGBTI à Bratislava le 12 octobre, de nombreuses organisations préparent une manifestation pour jeudi 27 octobre afin d’exprimer leur solidarité avec la communauté des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexes (LGBTI) de Slovaquie.

Amnesty International participera à la marche et demande aussi aux autorités slovaques de prendre des mesures en urgence afin que justice soit rendue aux victimes et à leurs proches, et de protéger les droits des personnes LGBTI dans le pays.

La manifestation prévue [1] aura lieu sur la place du Soulèvement national slovaque (Place SNP) dans le centre de Bratislava à 17 h

« Personne ne devrait avoir à vivre dans la peur du fait de son identité. Et pourtant, les personnes LGBTI de Slovaquie se heurtent à l’hostilité, à la haine et à de violentes attaques, tandis que de nombreuses personnes, notamment des figures politiques, répandent des stéréotypes et de fausses informations néfastes à leur propos. Amnesty International adresse ses sincères condoléances aux proches de Juraj et Matúš. Nous nous joindrons à la manifestation, en solidarité avec la communauté LGBTI », a déclaré Rado Sloboda, directeur d’Amnesty International Slovaquie.

« Amnesty International exhorte les autorités à protéger de toute urgence les droits des personnes LGBTI »

Dans la soirée du 12 octobre, deux jeunes personnes LGBTI ont été tuées par balle devant Teplaren, un bar LGBTI. Une autre personne a également été blessée. Le suspect a plus tard été retrouvé mort.

Avant cette attaque, le tireur présumé avait publié un manifeste au contenu violent et discriminatoire à l’égard de la communauté LGBTI et de la population juive. Des personnes et militant·e·s LGBTI ont signalé sur les réseaux sociaux de plus en plus d’attaques au lendemain de ces homicides, notamment l’agression de deux personnes dans un train [2]. Les organisateurs et organisatrices de la Marche des fiertés ont également reçu des menaces [3].

« Que ce soit dans l’espace public ou en droit, les personnes LGBTI ne sont pas suffisamment protégées en Slovaquie »

Martin Macko, directeur de l’Iniciatíva Inakosť, une organisation non gouvernementale LGBTI, et un des organisateurs de la manifestation, a déclaré : « Le rassemblement de la place SNP commémorera Juraj et Matúš avec leurs proches. Nous montrerons ainsi au gouvernement et au Parlement que nous ne garderons pas le silence et que nous exigeons qu’ils adoptent des mesures en faveur de l’égalité des droits pour les personnes LGBTI. »

« Que ce soit dans l’espace public ou en droit, les personnes LGBTI ne sont pas suffisamment protégées en Slovaquie. Le fait que des député·e·s aient récemment rejeté une proposition de loi portant sur la cohabitation entre concubin·e·s de même sexe, qui aurait amélioré le quotidien des personnes LGBTI, montre bien que les politicien·ne·s ont choisi de renforcer les inégalités plutôt que d’opter pour des réformes progressistes. Cette loi aurait par exemple permis aux personnes concernées d’avoir accès au dossier médical de leur compagne ou compagnon, ou de faciliter la procédure de succession dans le cas du décès d’un des concubin·e·s. » a déclaré Rado Sloboda.

« Personne ne devrait avoir à vivre dans la peur du fait de son identité. Et pourtant, les personnes LGBTI de Slovaquie se heurtent à l’hostilité, à la haine et à de violentes attaques »

Amnesty International demande qu’une enquête de police approfondie soit réalisée dans les meilleurs délais sur ce crime et que le gouvernement adopte des mesures préventives afin de protéger les groupes visés par de telles attaques, tels que les communautés LGBTI et juives.

Complément d’information

Le mariage entre personnes de même sexe et les unions civiles ne sont toujours pas reconnus en Slovaquie.

En avril, le ministère slovaque de la Santé a publié des lignes directrices sur l’harmonisation des procédures de santé en matière de soins d’affirmation de genre, qui interdisaient également les stérilisations forcées. Les stérilisations n’étaient pas requises sur le plan juridique par le passé, mais souvent suggérées, voire prescrites par de nombreux médecins.

La diffusion de ces lignes directrices a suscité de fortes réactions négatives, notamment des déclarations discriminatoires de la part de divers député·e·s. Le 18 mai, ces lignes directrices ont été suspendues.

Le 27 octobre, Amnesty International mobilisera ses sympathisant·e·s dans le monde entier, afin qu’ils témoignent leur solidarité aux personnes LGBTI en Slovaquie.

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